Publié le 03 février 2009
30 janvier 2009
Depuis l'an 2000 et la création de Wallimage, à l'initiative du Ministre Serge Kubla et l'entrée en vigueur du Tax Shelter mis au point par le Ministre des finances Didier Reynders en 2003, l'ensemble du secteur a été largement redynamisé dans le sud du pays.
Récemment encore, la Région wallonne vient de décider une augmentation de 30% de la dotation à Wallimage, passant de deux millions et demi € à quatre millions.
En peu de temps aussi, le Tax Shelter a démontré son efficacité.
Incitant fiscal qui vise à orienter les investisseurs vers le secteur cinématographique (avec la déduction à 150% du montant octroyé de leurs bénéfices imposables), il a attiré PME, commerçants et multinationales et a aussi vu se créer les structures intermédiaires, genre de traits d'union entre les producteurs et les investisseurs.
En contraste de ce mouvement, la Région bruxelloise est donc restée curieusement absente de ces mécanismes publics de soutien à la production cinématographique. Des mécanismes qui, en s'additionnant, ont créé une dynamique wallonne dont nous nous réjouissons mais dont Bruxelles, aujourd'hui, commence à souffrir en terme de distorsion de concurrence.
Et pourtant, cela n'est pas faute d'en avoir parlé.
Dès l'an 2000, en effet, à la création de Wallimage, je déposais un premier dossier sur la nécessité de créer un Bruxellimage.
En mai 2003, sous la direction du Ministre-Président Daniel Ducarme et sous l'impulsion du réalisateur Luc Dardenne ainsi que du producteur Patrick Quinet, le dossier était réexaminé mais le bât blessait au niveau de sa source de financement via la « recherche scientifique ».
Lors de notre session parlementaire 2004/2005, j'ai déposé, avec mon collègue Philippe Pivin, une Proposition d'Ordonnance portant création d'un fonds bruxellois de soutien à la création audiovisuelle. Elle fut examinée avec deux autres propositions de résolution au cours de la session 2007/2008 qui donnèrent lieu, en Commission des affaires économiques, à une vaste série d'auditions des professionnels du secteur tant public que privé et qui, tous, plaidèrent pour la création d'un fonds bruxellois.
Le 13 novembre 2008, par ailleurs, le groupe MR organisa au sein de notre parlement, un colloque consacré à l'avenir du cinéma bruxellois rassemblant de très nombreux représentants du secteur qui aboutit à la même conclusion et surtout à la nécessité de rétablir une concurrence loyale, afin de créer des synergies, des stratégies de renforcement mutuel plutôt que de concurrence.
Alors, si Bruxelles verse un jour un million € dans Wallimage comme annoncé dans la dernière déclaration gouvernementale bruxelloise et prévu dans le budget régional de 2009. Va-t-on répondre à ce problème de concurrence déloyale ? En tous les cas se posera automatiquement la question de la part de financement et de retombées économiques pour Bruxelles s'il faut s'enfermer dans un rapport de 80/20 ou alors se posera la question de la domiciliation comme critère d'éligibilité du demandeur de l'aide à Wallimage et de son extension à l'ensemble de la Communauté française, voire à l'ensemble de la Belgique.
Jean-Jacques Andrien estime que, je le cite en supprimant la domiciliation comme critère de domiciliation : « on touche au fondement même de Wallimage, à la raison pour laquelle nous avons voulu ce fonds (écrit-il sur le site de « Cinémawallonie ») : générer un effet structurant sur l'industrie naissante de l'audiovisuel en Wallonie ».
Tous les fonds régionaux existants en Europe visent cet effet structurant en terme de visibilité de la Région, de dynamisation du secteur Horeca, d'impulsions économiques diverses dont un impact clair sur l'emploi direct et indirect.
Il est évident qu'en ce moment, la question de la domiciliation comme critère d'éligibilité à l'aide de Wallimage frappe de plein fouet tous les métiers du cinéma et parmi eux de nombreux techniciens. Récemment ceux-ci n'ont pas hésité à parler de discrimination à l'embauche.
Mais comme le disait Philippe Reynaert, Directeur de Wallimage et grand partisan de la création d'un Bruxellimage lors du colloque du MR : « la Région wallonne a donné un oui de principe mais le cabinet du Ministre de tutelle Jean-Claude Marcourt, n'est pas fou de joie à l'idée de devoir accueillir les projets bruxellois ».
Ce fut pour lui l'occasion de préciser également le fonctionnement de Wallimage, actuellement divisé en deux structures distinctes, la Sowalim (Société Wallonne de l'Image) qui investit de l'argent dans les dossiers conseillés par Wallimage et qui conditionne son aide au fait que les dépenses qui seront faites le seront en Wallonie, ce qui dynamise toute l'économie wallonne. Il y a également des incitants régionaux qui sont mis en place afin de tenter les producteurs à dépenser plus. Les retombées sont estimées à 300% en moyenne ce qui équivaut à dire qu'actuellement Wallimage est « self-supporting », budgétairement neutre.
Le critère de la langue n'est pas relevant pour Wallimage, ce qui compte c'est le domicile fiscal du demandeur.
Actuellement, la Sowalim est devenue « Wallimage coproduction » et « Wallimage entreprise » a été créée qui agit plus dans l'investissement sectoriel, équivaut un peu à la SRIB à Bruxelles, avait encore expliqué Philippe Reynaert.
Si une coopération avec Bruxelles devait voir le jour, elle se ferait avec Wallimage coproduction, pas avec Wallimage entreprise, le souhait étant que le maximum d'argent alloué le soit aux projets qui seront retenus.
D'une façon générale et dans le cadre de la « mondialisation immatérielle » qui s'installe, le rapport économie-culture fait l'objet de nombreux débats internationaux, notamment sur l'exigence d'un chiffrage statistique de la culture comme dans d'autres secteurs économiques - quel que soit le statut particulier des biens culturels.
Sans plaider pour une régionalisation de la culture (dont les politiques de subventionnement culturel doivent rester communautaires, il est temps en Région bruxelloise - à l'instar des deux autres régions du pays et de nombreuses régions d'Europe - de considérer la culture aussi comme une industrie qui participe au Produit Intérieur Brut, crée des emplois, génère des retours sur investissements et participe à la création de richesses, pas seulement culturelles.
Plus particulièrement encore dans une Ville-Région comme Bruxelles et dans la situation économique actuelle, il est indispensable de mieux marquer le lien industries culturelles et développement durable ainsi que promotion d'un niveau de vie de qualité.
Ce secteur regroupe aujourd'hui en Belgique quelques 3.000 entreprises[1].
A Bruxelles, il concerne quelques 1.300 entreprises (indépendants compris). Les communes où elles sont principalement installées sont la Ville de Bruxelles, Schaerbeek, Saint-Gilles, Evere, Koekelberg et Ixelles.
Il apparaît clairement à Bruxelles que :
Grâce donc aux initiatives parlementaires prises par le MR et l'OpenVLD, des auditions du secteur et des débats en commission des affaires économiques ont pu aboutir au vote à l'unanimité des partis démocratiques d'une volonté de voir se créer en Région bruxelloise une politique forte et structurelle de soutien et de développement de l'industrie audiovisuelle.
J'espère à cet égard ne pas devoir interpréter l'absence du gouvernement comme une attitude divergente entre le Parlement et le Gouvernement car force est de constater que l'initiative de donner un million d'euros à Wallimage en guise de soutien à l'industrie audiovisuelle bruxelloise ne va absolument pas dans le sens de la résolution que nous allons voter tout à l'heure.
En revanche, le MR s'engage à en faire un des points-pivots de son programme électoral et de celui de la prochaine majorité gouvernementale impliquant la régionalisation de la structure « Bruxelles-Tournage » (actuellement subventionnée par la Ville de Bruxelles et la COCOF) et la constitution d'un fonds bruxellois doté au minimum d'un capital de départ de 2,5 millions d'euros.
Marion LEMESRE
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