Former un gouvernement reste la priorité du MR

À l’occasion du triste record de 600 jours sans gouvernement bruxellois de plein exercice, la télévision régionale BX1 a organisé une émission spéciale, tournée au sein même du Parlement bruxellois. Responsables politiques et citoyens y ont débattu du blocage institutionnel et de l’avenir de la région.

Le cap symbolique a été franchi, et le compteur continue de tourner : voilà désormais 600 jours que les Bruxellois sont privés d’un gouvernement de plein exercice. C’est dans ce contexte que le journaliste Fabrice Grosfilley s’est invité dans l’hémicycle pour une émission unique. Le concept est simple : redonner la parole aux citoyens, premières victimes de la crise politique bruxelloise.

Sur les bancs politiques, Clémentine Barzin, cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois, a rappelé avec insistance la position de son parti. Pour le MR, la priorité a toujours été la même : former un gouvernement. Là où certains évoquent des questions de méthode, de personnalités ou de vétos, le MR met en avant un véritable projet pour Bruxelles.

Ce projet repose sur des réformes essentielles en matière de sécurité, d’économie, de propreté, de mobilité, mais aussi et surtout sur la nécessité de définir un cap budgétaire. C’est d’ailleurs le mandat qui a été confié au premier parti bruxellois.

« Vu la situation budgétaire — dont je le rappelle, nous ne sommes pas les comptables — nous devons aujourd’hui tous faire mieux avec des moyens qui devront être réduits, mais avec davantage d’efficacité et de ciblage », a souligné Clémentine Barzin.

Le MR se dit par ailleurs prêt depuis le 9 juin 2024 à assumer ses responsabilités pour sauver Bruxelles. Toutefois, le doute persiste quant à la volonté du Parti socialiste de s’engager pleinement dans la formation d’un gouvernement. Les signaux envoyés ces derniers mois sont jugés contradictoires : vétos persistants, négociations à géométrie variable, et volonté de remplacer l’actuelle secrétaire d’État, Nawal Ben Hamou, par Karine Lalieux.

Dans un moment sincérité Clémentine Barzin a interpellé directement le PS : « Puisque nous jouons la carte de la sincérité, je souhaiterais poser une question à Madame Lalieux : le PS préfère-t-il entrer dans un gouvernement avec le MR ou rester en affaires courantes ? »

Une question qui fait écho aux dernières séquences de négociations, au cours desquelles le PS s’est illustré par de nombreux pas de côté, contribuant à prolonger l’impasse politique.