À Bruxelles, des milliers de femmes et d’hommes assument chaque jour une charge de soins lourde pour un proche malade, en situation de handicap ou de dépendance. Une réalité humaine, trop souvent invisible, qui expose les aidants proches à l’épuisement et à la précarité. Face à cette situation, le MR bruxellois entend agir de manière concrète en soumettant une proposition de résolution portée par la députée régionale Aurélie Czekalski, visant à renforcer la reconnaissance, l’accompagnement et la protection des aidants proches, en coordination avec le niveau fédéral.
Une réalité sociale encore trop ignorée
En Belgique, plus de 1,3 million de personnes sont aidants proches. À Bruxelles, environ 8 % de la population est concernée, parmi lesquels des dizaines de milliers de jeunes de moins de 25 ans. Les aidants proches assument une multitude de tâches : soins quotidiens, accompagnement médical, démarches administratives, soutien émotionnel et logistique.
Cette responsabilité, souvent exercée sur le long terme et majoritairement par des femmes, a un impact direct sur la vie professionnelle et financière des aidants. Nombre d’entre eux réduisent ou arrêtent leur activité, avec des pertes de revenus importantes, tandis que d’autres se retrouvent dans un entre-deux : ni pleinement disponibles pour le marché de l’emploi, ni suffisamment soutenus pour faire face à leur réalité quotidienne.
Reconnaître, accompagner, protéger : une responsabilité politique
Si un cadre légal existe au niveau fédéral, les dispositifs actuels à Bruxelles restent trop complexes et insuffisamment adaptés à la diversité des situations vécues. Pourtant, la Région dispose de leviers essentiels : accompagnement psychosocial, solutions de répit, lutte contre le non-recours aux droits, prévention de la précarité.
Pour Aurélie Czekalski, il est temps de regarder la réalité en face : « Derrière le mot “aidant proche”, il y a des réalités humaines extrêmement lourdes. Être aidant proche, c’est vivre sans répit et souvent dans une grande solitude. Ces personnes ne demandent pas des privilèges, mais de la reconnaissance, du soutien et des solutions concrètes pour pouvoir tenir. »
C’est dans cette logique que le MR plaide pour un véritable plan interfédéral aidants proches, articulant les compétences régionales et fédérales, afin d’offrir des réponses cohérentes et efficaces.
Le chômage n’est pas une solution structurelle
Sur les ondes de La Première, Georges-Louis Bouchez a également rappelé que le chômage ne peut pas être la réponse structurelle aux situations d’aidance lourde. Il rappelle que des dispositifs existent, notamment la possibilité de bénéficier d’une dispense de disponibilité pour les demandeurs d’emploi qui assument une charge d’aidance, avec une transition pouvant aller jusqu’à quatre ans. Mais cette solution reste transitoire et ne répond pas à l’enjeu de fond.
Le président du MR souligne que l’enjeu est plutôt de garantir un revenu digne aux personnes qui ne sont pas en capacité de travailler parce qu’elles s’occupent d’un proche, et qu’il faut prévoir l’ouverture de nouvelles places d’accueil, tout en respectant le choix des familles qui souhaitent s’occuper elles-mêmes de leurs proches. Dans ces situations, l’État doit pouvoir accompagner les aidants proches en reconnaissant leur incapacité temporaire de travailler et en leur assurant une protection sociale adaptée.
Une coordination bruxelloise pour des solutions concrètes
Avec cette proposition de résolution, le MR bruxellois réaffirme son approche : ni abandon ni fausses solutions, mais un renforcement et une simplification des dispositifs existants, une meilleure articulation entre emploi, protection sociale et accompagnement, et le développement de solutions de répit réellement accessibles.

