La Région bruxelloise est depuis juin 2024 gérée en affaires courantes, sans budget voté et dans un contexte de déficit historique. C’est dans ce contexte que le gouvernement sortant a dépensé dès janvier 2026 des crédits qui n’étaient pas censés être dépensés et avaient été inscrits en cas d’extrême urgence. Mais voilà… loin de se limiter à des situations d’extrême urgence, les provisions sont semble-t-il devenues un outil de gestion journalière, une rustine pécuniaire pour boucher les trous béants du budget en déficit constant.
Plus de 170 millions d’euros engagés dès janvier, une hémorragie
En janvier 2026, le gouvernement en affaires courantes a annoncé avoir engagé plus de 171 millions d’euros à partir des provisions budgétaires régionales, alors que le déficit est déjà abyssal. Le détail est édifiant :
- 78,7 millions d’euros ont été effectivement engagés depuis les provisions générales du Service public régional de Bruxelles (SPRB),
- 59,5 millions d’euros ont été transférés du SPRB vers la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB),
- 32,8 millions d’euros ont été débloqués directement depuis les provisions propres de la SLRB,
Ces montants confirment que les provisions ne sont plus exceptionnelles, mais bien utilisées comme budget parallèle, en l’absence d’un cap et d’une gestion un tant soit peu responsable.
Une Région surendettée gérée à la petite semaine
Alors que les négociations budgétaires n’aboutissent pas et que la dette régionale continue de croître, le recours massif aux provisions permet au gouvernement en affaires courantes de repousser artificiellement le débat de fond. Cette méthode fragilise durablement les finances bruxelloises et prive le Parlement d’un débat budgétaire transparent.
Comme le souligne Olivier Willocx, député MR au Parlement bruxellois : « Le PS transforme la Région bruxelloise en un géant surendetté, qui survit en camouflant ses dépenses excessives sous des pseudo-provisions, qui ne sont en réalité que des dépenses déguisées. »
La palme revient à … Nawal Ben Hamou !
L’analyse des chiffres montre une concentration spectaculaire des crédits dans le portefeuille de la Ministre Nawal Ben Hamou (PS). Au total, plus de 92 millions d’euros lui sont directement attribués via les provisions dès ce début d’année. Rien que pour la SLRB, 52 millions d’euros sont accordés en subventions d’investissement, 7,5 millions d’euros en subventions de fonctionnement et 18 millions d’euros pour des coûts de construction liés au Plan Régional Logement, auxquels s’ajoutent plusieurs millions d’euros en intérêts, frais financiers et avances.
Pendant ce temps, des secteurs pourtant essentiels pour les Bruxellois (sécurité, emploi, mobilité) ne bénéficient que de montants fragmentés ou marginaux, sans vision structurante.
Louis de Clippele, député MR, alerte : « Le logement mérite une politique sérieuse et durable, pas une gestion à coups de provisions d’urgence. À force d’improviser, le gouvernement en affaires courantes met en danger l’équilibre budgétaire de la Région. »
Cette répartition déséquilibrée illustre une logique purement idéologique : les priorités du PS priment sur les besoins réels des Bruxellois. Face à ces dérives, le MR Bruxelles réaffirme la nécessité d’un budget régional crédible et définitif et d’une priorisation établie ainsi que la publication mensuelle et détaillée de toutes les dépenses de provisions.

