La Cour constitutionnelle a tranché : la LEZ doit s’appliquer. Le MR respecte la loi.
Mais nous refusons que cette transition devienne une punition sociale.
Un retour brutal du calendrier LEZ
Fin 2024, à l’initiative du MR, le Parlement bruxellois avait décidé de reporter l’entrée en vigueur de la nouvelle étape de la LEZ, afin de laisser davantage de temps aux citoyens et aux indépendants pour s’adapter. Cette décision visait à limiter l’impact socio-économique de l’interdiction de circulation des véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 prévue au 1er janvier 2026.
Mais fin septembre, la Cour constitutionnelle a annulé ce report.
Résultat : depuis le 1er janvier 2026, près de 30.000 automobilistes ne peuvent plus circuler à Bruxelles. Et à partir du 1er avril, ils s’exposeront à des amendes de 350 €, identiques pour tous, sans distinction de situation ou de niveau réel de pollution.
Derrière les chiffres, des réalités humaines
Derrière ces décisions, il y a des personnes bien réelles.
Des ménages qui ont acheté un véhicule dans l’urgence, souvent mal conseillés.
Des indépendants qui dépendent de leur voiture pour travailler.
Des familles qui font leurs comptes le soir et hésitent entre changer de véhicule ou assumer d’autres dépenses essentielles.
Imposer une amende de 350 € d’un coup, sans progressivité, sans adaptation, c’est faire peser une charge lourde sur des budgets déjà fragilisés par les crises successives : pandémie, crise énergétique, inflation.
Une transition juste ne peut pas être aveugle
Sanctionner de la même manière un véhicule très ancien, interdit depuis des années, et un véhicule récemment concerné par un changement de règle, c’est nier toute notion de proportionnalité.
C’est transformer une politique environnementale en mécanisme punitif, déconnecté de la réalité sociale.
Comme l’explique Anne-Charlotte d’Ursel, députée MR au Parlement bruxellois :
« Suite à la décision de la Cour, nous avons proposé de mettre en place un régime transitoire concernant les amendes ainsi que des mesures d’accompagnement. Depuis, force est de constater que rien n’a bougé au niveau du gouvernement bruxellois. C’est pourquoi nous déposons une proposition d’ordonnance visant à reporter de trois mois l’entrée en vigueur des amendes, d’en réduire le montant et de les rendre progressives, afin d’éviter de fragiliser l’emploi et le budget des ménages concernés. »
Ce que propose concrètement le MR
- reporter l’entrée en vigueur des amendes à juin, plutôt qu’en avril ;
- remplacer l’amende unique de 350 € par un système progressif, plus juste :
- 15 € durant les deux premiers mois,
- 25 € du troisième au sixième mois,
- 50 € au-delà.
L’objectif est simple : laisser le temps de s’adapter, sans renoncer à l’ambition environnementale.
Mettre fin à l’écologie punitive
Aurélie Czekalski, Présidente de la Commission Environnement et co-signataire du texte, résume l’enjeu :
« Il est temps de mettre fin à l’écologie punitive menée par le Gouvernement Good Move qui s’en prend aux travailleurs. Nous introduisons une logique de proportionnalité : l’amende doit correspondre à la pollution réelle. Il est anormal de sanctionner une Euro 5 comme un vieux véhicule polluant. La mensualisation est une mesure de bon sens : 116 € par mois, c’est gérable ; 350 € d’un coup, c’est souvent le basculement dans la précarité. Face au dogmatisme de la majorité, le MR ramène du réalisme. »
Protéger l’air, sans sacrifier les Bruxellois
La proposition d’ordonnance déposée par le MR ne modifie ni le calendrier de sortie des véhicules polluants, ni les objectifs de réduction des émissions.
Elle vise à adapter le régime des amendes, pour qu’il reflète mieux le niveau réel de pollution et la capacité d’adaptation des citoyens.
Parce qu’une transition réussie ne se mesure pas uniquement à la qualité de l’air.
Elle se mesure aussi à la manière dont elle traite celles et ceux qui vivent et travaillent à Bruxelles.
Respirer mieux, oui.
Punir sans nuance, non.

