Bruxelles, vendredi 12 décembre 2025
Ce vendredi, en séance plénière du Parlement bruxellois, le MR s’est opposé au projet de budget de crédits provisoires présenté par le gouvernement en affaires courantes pour les trois premiers mois de 2026. Au bord de la cessation de paiement, la situation financière de Bruxelles est grave. Au-delà du respect des 3/12e, le gouvernement sans majorité s’octroie une capacité de réaliser tous les mouvements budgétaires qu’il souhaite dans ce cadre. Explications.
Malgré les efforts du ministre des Finances pour appliquer strictement les trois douzièmes pour le 1er trimestre 2026, les libéraux ont dénoncé l’abaissement du contrôle pour l’octroi de subsides, des garanties régionales jusqu’à 150 millions notamment pour des emprunts de la société du logement, mais aussi et surtout une possibilité d’utilisation excessive de mouvements budgétaires au sein de l’enveloppe, révélant, comme l’a souligné la Cour des comptes, un tableau budgétaire qui devient “indicatif” mis à la disposition d’un gouvernement en affaires courantes.
«Ce budget permet au gouvernement en affaires courantes de redéployer les crédits quasi librement entre missions et programmes sans que le Parlement en soit informé au préalable ou n’ait son mot à dire. C’est de la reventilation illimitée sous couvert d’orthodoxie budgétaire», fustige Clémentine Barzin, cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois.
Afin de garantir un véritable contrôle démocratique, le MR bruxellois a déposé un amendement à l’article 18, exigeant que toute reventilation de crédits, qu’elle concerne les services du Gouvernement ou les organismes administratifs, soit strictement encadrée :
– Un avis préalable et conforme de l’Inspection des Finances,
– Un rapport motivé et détaillé du Gouvernement,
– La transmission obligatoire au Parlement avant toute mise en œuvre.
Ce débat se déroule alors que la solution avancée par le MR de mettre sur pied un gouvernement resserré mais stable et robuste, pour réaliser un budget d’urgence, aurait pu être concrétisée dès cette semaine, ce qui aurait été un signal fort en matière de réformes et de redressement. Alors que Bruxelles traverse la plus grave crise financière de son histoire et que ses banques historiques menacent de se replier, la tentative d’une alliance de gauche, sans majorité ni du côté francophone ni du côté néerlandophone et qui rouvre un train de négociations, n’apporte au contraire pas la réponse politique attendue.
Le MR rappelle avoir déjà déposé huit amendements en commission des finances, tous rejetés, réaffirmant le rôle prédominant que doit jouer le parlement dans un contexte d’affaires courantes.
« Je vois déjà certains, comme ça a pu être le cas précédemment, tenter de nous faire culpabiliser sur notre vote, tenter de nous faire porter le chapeau de leur échec. Si la Région est là où elle est, c’est parce qu’ils l’y ont conduite délibérément et que qu’ils continuent avec des choix irresponsables », conclut la députée libérale.

