Ils vous ont abandonnés au chômage pendant 20 ans

Depuis des années, la question de la limitation du chômage dans le temps traverse le débat public. Syndicats, employeurs, responsables politiques, médias : le sujet est omniprésent, au point de s’être invité dans les dîners de famille. La réforme du chômage n’est donc ni une surprise ni une nouveauté. Elle est le résultat d’un long processus politique, annoncé, débattu et assumé.

Et pourtant, à Bruxelles, tout se passe comme si cette réforme n’avait jamais existé. Comme si personne n’avait jugé nécessaire de s’y préparer. Le ministre Clerfayt, pourtant responsable de l’emploi à Bruxelles, n’a rien anticipé.

Aujourd’hui, cette absence de préparation éclate au grand jour. La réforme est entrée en vigueur et, avec elle, une réalité brutale : Actiris n’est pas prêt. Là où la Flandre et la Wallonie ont anticipé, adapté leurs dispositifs et renforcé l’accompagnement vers l’emploi, Bruxelles a fait un autre choix. Celui de l’attentisme.

Quand l’impréparation devient un coût humain

Il ne s’agit pas ici d’un débat abstrait ou idéologique. Les conséquences sont bien réelles et touchent directement les Bruxelloises et les Bruxellois. Ce ne sont ni les administrations ni les responsables politiques qui paient le prix de cette impréparation, mais les citoyens : ceux qui travaillent et financent le système, comme ceux qui cherchent un emploi et attendent un accompagnement efficace.

Pendant que la Flandre et la Wallonie se sont organisées pour faire de la réforme du chômage une opportunité de remise à l’emploi, Bruxelles a laissé sa politique de l’emploi inchangée, comme si rien n’allait changer. Cette inertie a créé une situation dangereuse, où des milliers de personnes se retrouver aujourd’hui sans accompagnement solide, sans perspective claire et sans trajectoire professionnelle crédible.

Vingt ans de renoncement : quand le chômage devient un statut

Ce constat n’est pas nouveau. Depuis plus de vingt ans, les gouvernements bruxellois successifs ont fait le choix du laisser-faire. Non pas par manque de moyens, mais par absence de vision. Peu à peu, un système s’est installé, dans lequel les chercheurs d’emploi ont été abandonnés dans un labyrinthe administratif complexe, fait de procédures interminables, de rendez-vous sans suite et de formations sans réel débouché.

À force de renoncer à exiger des résultats, on a fini par construire un modèle où le chômage n’était plus une étape à dépasser, mais un statut durable. Un système qui gère l’attente, organise l’inactivité et entretient l’illusion que le temps, à lui seul, finira par résoudre le problème.

Le MR a décidé de rompre avec cette hypocrisie. Au niveau fédéral, nous avons assumé une évidence trop longtemps évitée : le chômage ne peut pas être un horizon permanent. Il doit redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, à savoir un soutien temporaire de la collectivité pour traverser une difficulté et rebondir, pas une finalité ni un substitut à l’ambition.

Actiris face à ses responsabilités

Le cœur du problème bruxellois porte un nom : Actiris. Non pas parce que ses agents seraient en cause, mais parce que l’institution a progressivement perdu de vue sa mission fondamentale. Actiris existe pour guider les Bruxellois vers un emploi stable et durable. Or, aujourd’hui, trop de parcours s’enlisent dans des circuits parallèles où l’accompagnement se dilue, où les décisions tardent et où l’exigence disparaît.

Des mois d’attente pour un premier rendez-vous, des formations qui s’enchaînent sans perspective d’embauche, des suivis qui manquent de continuité : tout cela produit un effet dévastateur. Des personnes motivées finissent par se décourager, non pas par manque de volonté, mais parce qu’un système mal structuré éteint progressivement toute ambition.

Les chercheurs d’emploi ne sont pas responsables de cette situation. Ils en sont les premières victimes. Le véritable échec est institutionnel et politique. Il est le résultat d’une vision portée par la gauche, qui a choisi d’administrer le chômage plutôt que combattre réellement l’inactivité.

Ce que le MR veut changer à Bruxelles

Au niveau fédéral, le MR a pris ses responsabilités en mettant fin au chômage à vie. À Bruxelles, ce combat se poursuit. Depuis des mois, les députés MR exercent une pression constante pour que le service public de l’emploi évolue enfin et s’adapte à la réalité du terrain. Ordonnances, résolutions, débats en commission et en séance plénière, questions répétées au gouvernement : rien n’a été laissé au hasard. Ce travail de fond répond à une urgence sociale réelle. Il n’est plus possible d’attendre.

Tout cet engagement poursuit un objectif clair : rendre aux Bruxellois l’ambition que la machine administrative leur a progressivement fait perdre. Nous voulons inverser cette logique.

C’est pourquoi le MR plaide pour un changement profond du fonctionnement d’Actiris. Dès l’inscription, un bilan de compétences doit devenir obligatoire. On ne peut orienter efficacement une personne vers un emploi sans connaître ses forces, ses compétences et ses fragilités. Sans ce diagnostic de départ, l’accompagnement est condamné à l’approximation.

Nous exigeons également qu’une solution concrète soit systématiquement proposée dans un délai maximum de deux mois. Formation qualifiante, stage ou opportunité d’emploi : chaque demandeur d’emploi doit recevoir rapidement une perspective claire. L’attente prolongée n’a jamais créé de vocation ni relancé une trajectoire professionnelle. Elle ne fait qu’éroder la motivation.

Enfin, Actiris doit rééquilibrer ses priorités internes. Il n’est pas acceptable que tant de ressources soient absorbées par la gestion administrative, alors que trop peu de personnel est réellement dédié à l’accompagnement des chercheurs d’emploi. Nous demandons qu’au moins la moitié du personnel soit consacrée à cette mission essentielle : aider, orienter et suivre celles et ceux qui veulent retrouver un emploi.

Réformer Actiris est une nécessité sociale et économique pour Bruxelles. Un service public de l’emploi doit produire des résultats, pas gérer l’échec. Il doit relancer l’ambition, pas organiser l’attente.

On relance vos ambitions

Bruxelles ne manque ni de talents, ni d’énergie, ni de possibilités. Elle manque d’un système qui croit réellement au potentiel des personnes et qui leur donne les moyens de se relever.

Relancer l’ambition, c’est refuser que l’attente devienne une norme. C’est redonner du sens à l’accompagnement vers l’emploi. C’est respecter à la fois ceux qui cherchent une place sur le marché du travail et ceux qui contribuent chaque jour à faire tourner notre économie.

Restez informés, restez exigeants

La réforme du chômage et la transformation d’Actiris auront un impact direct sur l’avenir de Bruxelles.
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Parce que l’ambition mérite mieux que l’attente.