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Le Parlement bruxellois vote le budget 2026 et redonne un cap à la Région 

Après des mois d’incertitude et de gestion sous crédits provisoires, le Parlement bruxellois a enfin adopté un budget pour 2026. Pour la cheffe de groupe MR Loubna Azghoud, ce vote marque bien plus qu’une étape institutionnelle : il symbolise un retour à la responsabilité, à la clarté et à une vision d’avenir pour Bruxelles. 

Quelques semaines après l’installation, ce 14 février, du nouveau gouvernement bruxellois dirigé par Boris Dilliès, marquant le retour du MR aux affaires, en tant que premier parti de la capitale, et après 22 années passées dans l’opposition, celui-ci a pris ses responsabilités et est parvenu, en un temps record de trois semaines, à élaborer un budget afin de remettre la Région sur les rails. 

Il aura fallu du temps. Beaucoup trop, diront certains. Mais cette fois, Bruxelles a un budget. Et avec lui, une direction. 

« Nous y sommes enfin », a lancé la cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois, Loubna Azghoud en ouverture de son intervention. « Après des mois d’attente, de débats et d’incertitudes, nous sommes aujourd’hui appelés à voter le budget. » Un moment fort pour les parlementaires mais aussi « en tant que Bruxelloise ». Car derrière les chiffres, il y a une réalité : celle d’une Région qui ne pouvait plus se permettre de naviguer à vue. 

Sortir de l’instabilité, retrouver un cap 

Depuis des mois, le MR dénonçait une situation intenable. Le recours prolongé aux douzièmes provisoires fragilisait tout : les administrations, les acteurs économiques, et surtout la crédibilité de la Région. 

L’adoption de ce budget met fin à cette période d’incertitude. « Sortir des crédits provisoires était indispensable pour redonner de la crédibilité à la Région », rappelle la cheffe de groupe. 

Mais ce retour à la normale intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Loubna Azghoud ne l’élude pas : « Ce que nous avons trouvé, c’est un déficit de plus de 1 milliard, des caisses vides, une dette démesurée… et une Région qui ne peut plus se permettre de repousser les décisions. » 

Le constat est sévère, mais il est assumé. Et il sert de point de départ à une nouvelle méthode. Et au renouveau à venir.  

Ni austérité, ni illusion : la responsabilité 

Face aux critiques, souvent vives, formulées dans l’hémicycle et dans la presse, Loubna Azghoud tient à rétablir les faits. 

« Vous redoutiez l’austérité : il n’y en a pas. Vous avez agité la menace de licenciements massifs : il n’y en a pas non plus. En revanche, ce que vous n’aviez pas demandé, c’est de la maîtrise budgétaire. » 

C’est là tout l’équilibre revendiqué par le MR : refuser à la fois les coupes aveugles et la fuite en avant. Le budget 2026 ne repose ni sur de nouvelles taxes ni sur des promesses intenables. Il s’appuie sur un principe simple : mieux utiliser l’argent public. 

« Le véritable courage, aujourd’hui, n’est pas de promettre ce que nous ne pouvons plus financer. Le véritable courage, c’est de dire la vérité et de montrer, année après année, que chaque euro est utilisé au mieux. » 

Une ligne qui tranche avec des années de dérive. 

Une Région qui change de méthode 

Ce budget n’est pas présenté comme un aboutissement, mais comme un tournant et un point de départ. Né en trois semaines à peine après la formation du gouvernement, il traduit une volonté de pragmatisme et d’efficacité du nouveau Gouvernement Dilliès. Une rupture avec l’immobilisme passé. « Nous n’avons pas été élus pour nous invectiver. Nous sommes ici pour prendre nos responsabilités. Gouverner aujourd’hui à Bruxelles, c’est faire des choix. » souligne la cheffe de groupe. 

Investir dans le concret, pas dans l’apparence 

Au-delà de l’assainissement budgétaire, le texte fixe des priorités très concrètes pour les Bruxellois : propreté, sécurité, infrastructures, attractivité économique. 

Sur l’image de Bruxelles, Loubna Azghoud rejette les débats superficiels : « L’attractivité d’une capitale ne repose pas uniquement sur des campagnes de communication, mais sur des projets concrets, visibles et structurants. » 

KANAL, Néo, le pôle Confex sont autant de projets appelés à renforcer le rayonnement de la capitale. Même logique pour la propreté ou la sécurité autour des gares, avec des moyens ciblés et une approche plus structurée.Ce qui compte ce sont les résultats qui comptent, pas les slogans. 

Réformer pour durer 

Le budget 2026 amorce également des réformes de fond : logement, énergie, emploi, urbanisme. Avec une constante : plus d’efficacité, plus de cohérence. 

Sur le logement, la cheffe de groupe insiste : « Le logement social restera un pilier central, mais il ne peut être la seule réponse. » Le secteur privé, les AIS, l’accès à la propriété : tous les leviers doivent être mobilisés. 

Sur l’énergie, la réforme des primes Rénolution illustre ce changement d’approche : passer d’un système coûteux et inefficace à des mécanismes plus accessibles et soutenables. 

Sur l’emploi, enfin, le cap est fixé : atteindre un taux de 70 % d’ici 2030, en recentrant les politiques sur l’accompagnement concret des chercheurs d’emploi. 

Un budget de transition… et de vérité 

Au fond, ce budget est assumé pour ce qu’il est : un budget de transition. La transition entre une Région qui reportait les décisions et une Région qui les assume. Il ne promet pas de miracles. Il ne prétend pas effacer en quelques mois des années de dérive. Mais il pose les bases d’un redressement. Le déficit est ramené sous la barre du milliard dès cette année, première étape vers un retour à l’équilibre en 2029. Une trajectoire exigeante, mais crédible. 

Faire le choix de Bruxelles 

En terminant son allocution, Loubna Azghoud a interpellé l’ensemble des parlementaires : 

« Dans quelques années, que voudrez-vous pouvoir dire aux Bruxelloises et aux Bruxellois ? Que vous avez prolongé les mauvaises habitudes, ou que vous avez contribué à redresser Bruxelles ? » 

Pour le MR, la réponse est sans ambiguïté : « Le groupe MR votera ce budget parce qu’il choisit la responsabilité plutôt que l’illusion, l’action plutôt que l’attentisme. » 

Au-delà des clivages, c’est bien une vision qui se dessine : celle d’une Région debout qui cesse de subir pour enfin agir.