Pas de majorité, pas de budget … pas de nouveau secrétaire d’État

Bruxelles, le mardi 27 janvier 2026

Alors que la Région de Bruxelles-Capitale est plongée depuis les élections du 9 juin 2024 dans une situation de gouvernement en affaires courantes prolongées, le MR Bruxelles dépose une proposition d’ordonnance spéciale modifiant la loi spéciale du 12 janvier 1989 relative aux Institutions bruxelloises afin d’empêcher le remplacement automatique des secrétaires d’État lorsqu’un mandat devient vacant durant la période d’affaires courantes, tout en respectant strictement l’équilibre linguistique prévu par la loi spéciale.

Bon sens institutionnel et responsabilité budgétaire

Dans le contexte actuel, le gouvernement en affaires courantes n’a pris aucune initiative structurante, n’a même pas présenté de budget comme annoncé en juin 2025, et se limite strictement à l’expédition des affaires courantes. Dès lors, renforcer artificiellement cet exécutif par la désignation d’une nouvelle personnalité est incompréhensible, tant sur le plan institutionnel que budgétaire.

En effet, un secrétaire d’État, c’est un cabinet, des coûts, et une multiplication des centres de décision. À l’heure où la dette régionale explose et où chaque euro compte, une telle nomination est incompréhensible. D’autant plus que les secrétaires d’État ne font pas partie du Gouvernement et sont placés sous la tutelle de ministres, qui peuvent reprendre les compétences qu’ils leur avaient déléguées.

La cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois, Clémentine Barzin appuie : « Dans une Région surendettée, sans budget et gérée en affaires courantes, remplacer un secrétaire d’État qui n’a aucun moyen d’action n’a pas de sens. La proposition du MR relève du bon sens, de la bonne gouvernance et de la volonté de maîtriser des dépenses publiques. »

Un précédent dangereux

Au-delà de la question financière, le MR met en garde contre un précédent institutionnel. D’où l’importance d’encadrer la situation pour le futur.

En effet, permettre le remplacement de secrétaires d’État dans une période d’affaires courantes, alors même qu’aucun accord politique global n’existe, ouvre la porte à une recomposition progressive de l’exécutif sans majorité démocratique claire.

« Les Bruxellois méritent un gouvernement de plein exercice. Les arrangements pour faire durer les affaires courantes ne peuvent être une manière de gouverner, cela reviendrait à un déni de démocratie. Le PS pense à ses intérêts avant ceux des Bruxellois. », insiste Clémentine Barzin.

La proposition déposée par le MR s’inscrit pleinement dans le cadre de l’autonomie constitutive de la Région bruxelloise et est en accord avec la loi spéciale de 1989, notamment son article 41§1 et §8. Elle prévoit le non-remplacement de secrétaires d’État uniquement dans un cas de vacance de mandat en période d’affaires courantes, après le renouvellement du Parlement, et pour autant que la protection de la minorité linguistique flamande soit garantie. C’est pourquoi, si l’équilibre linguistique devait être menacé, le remplacement resterait obligatoire.