Quand le City Marketing bruxellois à 1,1 million d’euros fait plouf

Alors que Bruxelles fait face à un déficit abyssal et à des défis majeurs en matière de sécurité, d’emploi, de mobilité et de propreté, le Gouvernement régional a déboursé la modique somme de 1,1 million d’euros en deux ans pour une campagne de city marketing aujourd’hui à l’arrêt. 

Quand on aime, on ne compte pas ! oui mais…  

C’est la députée MR Aline Godfrin qui tire la sonnette d’alarme. Elle a interpellé le gouvernement sur ce dossier et sur sa gestion des deniers publics, en mettant en exergue la campagne « Brussels, perfectly imperfect ». Entre 2023 et 2024, la Région bruxelloise a consacré 1,1 million d’euros à cette stratégie censée renforcer l’attractivité internationale de Bruxelles. 

Dans les faits, près de 900.000 euros ont été versés à une agence de consultance privée : Resonance Consultancy. Une externalisation massive qui pose question, alors même que la Région dispose déjà d’outils publics dédiés à la promotion internationale, comme visit.brussels. À cela s’ajoutent 200.000 euros de frais de fonctionnement supplémentaires accordés à visit.brussels, alors que l’agence régionale bénéficie déjà d’un budget annuel avoisinant les …25 millions d’euros. 

Ça fait plouf… 

Présentée comme une nouvelle identité destinée à vendre Bruxelles à l’international, la marque « Brussels, perfectly imperfect » a suscité de nombreuses interrogations, notamment quant à son efficacité. Deux ans plus tard, force est de constater que le slogan a disparu et qu’aucune évaluation de son impact n’a été produite. Aucun indicateur précis, aucune enquête indépendante, aucun retour chiffré sur les retombées économiques ou sur l’attractivité réelle de la Région n’ont été fournis. 

De plus, les outils développés (site internet, boîte à outils, supports de communication) ont été peu utilisés et rarement activés, notamment lors de la présidence belge de l’Union européenne. Cette activation exceptionnelle a d’ailleurs entraîné un coût supplémentaire de 50.000 euros en 2024. 

Aline Godfrin dénonce : « Le gouvernement a fait tourner la planche à billets sans objectivation des résultats. La seule certitude, c’est que ce slogan a coûté plus qu’il n’a rapporté aux Bruxellois. » 

Un impact si mince qu’il en devient invisible 

La défense d’Ans Persoons (Vooruit), secrétaire d’État en charge des Relations internationales et du Commerce extérieur, est pour le moins peu convaincante. Si la secrétaire d’État met en avant certaines actions menées : ateliers, sessions en ligne, intégration de la marque dans des événements internationaux ou des publi-reportages, ainsi qu’une hausse de la fréquentation du site « Why Brussels » ou encore une progression dans certains classements internationaux, aucun lien clair n’est établi entre ces éléments et des résultats concrets pour Bruxelles en matière d’emplois, d’investissements ou de retombées économiques. Pire encore, la suite du projet est aujourd’hui suspendue en raison des affaires courantes et des restrictions budgétaires, sans qu’un véritable bilan n’ait été tiré. 

Pour le MR, le débat ne porte pas sur le principe même du city marketing, qui peut constituer un investissement générateur de recettes, mais bien sur la méthode, inexistante dans ce cas précis. De grandes villes européennes investissent davantage dans leur image internationale, mais elles le font avec des objectifs clairs et des indicateurs mesurables. À Bruxelles, le projet a été lancé puis abandonné en cours de route, sans pilotage clair ni évaluation. Cela devient une habitude pour ce gouvernement sortant… Dans un contexte budgétaire contraint, le MR rappelle l’importance d’une utilisation responsable de l’argent public : chaque euro dépensé doit être justifié et utile aux Bruxellois.