Réforme d’Actiris : une occasion manquée pour Bruxelles

Alors que la réforme fédérale du chômage est entrée en vigueur le 1er janvier 2026, Bruxelles avait une responsabilité claire : adapter rapidement l’accompagnement des demandeurs d’emploi pour éviter les délais inutiles et l’incertitude pour les quelques 96 000 chômeurs de Bruxelles.  

Sous l’impulsion du MR, et portée au Parlement bruxellois par la députée Loubna Azghoud, une réforme ambitieuse d’Actiris, un texte proposé par DéFI et étayé par les amendements MR était sur la table. Elle visait un objectif simple et largement partagé sur le terrain : agir plus vite, accompagner mieux et orienter plus efficacement les demandeurs d’emploi vers des solutions concrètes. Il était aussi question de réformer Actiris et d’allouer au moins 50% du personnel à l’accompagnement.  

Cette réforme n’a pourtant pas été adoptée. En cause : les blocages et amendements purement politiques déposés par le PS, Écolo et Groen, qui ont vidé le texte de sa substance et empêché Bruxelles de se doter d’un cadre clair et opérationnel. 

Une réforme nécessaire dans un contexte d’urgence 

Depuis des années, les mêmes constats s’imposent en matière de politique de l’emploi à Bruxelles : des parcours trop longs, un accompagnement fragmenté, des délais d’orientation excessifs et des lourdeurs administratives qui détournent les ressources du suivi de terrain. 

L’entrée en vigueur de la réforme fédérale du chômage réduit encore le temps disponible pour construire un parcours d’insertion efficace. Dans ce contexte, attendre n’est plus une option. 

Comme le souligne la députée MR Loubna Azghoud : « Ce qui fragilise aujourd’hui les demandeurs d’emploi à Bruxelles, ce n’est pas un accompagnement trop rapide, c’est l’attente. Des mois sans orientation claire, sans solution concrète, c’est du temps perdu pour tout le monde. » 

Ce que proposait le MR 

Le texte défendu par le MR visait à transformer les intentions en résultats concrets. Il reposait sur trois piliers essentiels : 

  • Des délais clairs et raccourcis, alignés sur la réforme fédérale du chômage, afin que chaque demandeur d’emploi bénéficie rapidement d’un accompagnement structuré ; 
  • Un suivi balisé et mesurable, avec des étapes vérifiables tout au long du parcours ; 
  • Une obligation d’orientation vers le concret, garantissant qu’un accompagnement débouche rapidement sur au moins une solution : emploi, formation ou stage qualifiant. 

L’objectif était également de recentrer les moyens d’Actiris sur sa mission première, en augmentant la part des ressources réellement consacrées à l’accompagnement des demandeurs d’emploi, un objectif fixé à 50%. 

Le choix du flou et de l’immobilisme 

Par une série d’amendements, le PS, Écolo et Groen ont profondément dénaturé cette réforme. Les jalons clairs et les objectifs mesurables ont été supprimés, remplacés par une logique floue où les délais seraient évalués à des « moments pertinents » et « au cas par cas ». 

En pratique, cette approche affaiblit le contrôle, rend la réforme difficilement applicable et ouvre la porte à de nouveaux retards.  

Pour Loubna Azghoud, le constat est sans appel : « À Bruxelles, le vrai risque n’est pas d’aller trop vite mais de laisser les gens attendre sans solution. Nous voulions des délais raccourcis, des étapes vérifiables et un accompagnement qui débouche rapidement sur du concret. Avec ces amendements, la gauche a choisi le compromis mou et l’immobilisme. Ce sont les demandeurs d’emploi qui en paieront le prix. » 

Le MR veut du concret, et vite ! 

Dans un contexte où le cadre fédéral impose d’agir plus vite et plus efficacement, maintenir des procédures floues et un accompagnement sans cap clair est irresponsable. Bruxelles ne peut pas se permettre de rester à la traîne pendant que des milliers de demandeurs d’emploi attendent des perspectives réelles. 

Loubna Azghoud conclut : « Améliorer l’accompagnement et réduire les délais, c’est la condition pour que notre modèle social fonctionne correctement et de manière pérenne, pour l’ensemble des Bruxellois. »