Ce mercredi 14 janvier 2026, un incident s’est produit en Commission des affaires économiques et de l’emploi du Parlement bruxellois. En cause : le refus persistant de la gauche de débattre de textes essentiels relatifs à la réforme du marché du travail et aux conséquences, pour Bruxelles, de l’entrée en vigueur de la réforme fédérale du chômage depuis le 1er janvier de cette année.
Pour le MR, il ne s’agit pas d’un simple différend de procédure. Cette situation révèle une volonté manifeste d’éviter le débat parlementaire sur des décisions qui impactent directement l’emploi et les droits sociaux de dizaines de milliers de Bruxelloises et de Bruxellois. Un enjeu majeur pour une Région qui compte encore près de 94 000 demandeurs d’emploi.
Des textes inscrits… la Commission annulée, sans explication
Les propositions déposées par le MR avaient pourtant été formellement inscrites à l’ordre du jour de la Commission en décembre 2025. Mais la réunion du 17 décembre a été annulée à la dernière minute, la veille au soir, par le président de la Commission, sans justification politique claire.

La Députée MR Loubna Azghoud avait d’ailleurs réagi à cette annulation.
Résultat : deux semaines après l’entrée en vigueur de la réforme du chômage, le Parlement bruxellois a été empêché de débattre de textes pourtant indispensables pour adapter les politiques régionales de l’emploi et préparer efficacement Bruxelles à une réforme annoncée de longue date par le gouvernement fédéral.
Plus grave encore, lors de la Commission du 14 janvier, il a été expliqué qu’il faudrait désormais… redécider de l’inscription de ces textes à l’agenda, alors même qu’ils l’avaient déjà été. Le tout sous prétexte qu’un débat sur ces propositions ne serait « pas poli » à l’égard des invités du jour, hub.brussels, venus pour une audition somme toute secondaire.
Pour Olivier Willocx, député MR au Parlement bruxellois, la manœuvre est limpide : « On nous explique aujourd’hui qu’il faudrait encore décider de l’agenda de textes qui l’étaient déjà. Ce n’est pas un problème d’organisation, c’est une manière d’éviter le débat. »
Une Commission volontairement cantonnée à un sujet partiel
Le malaise est d’autant plus grand que la majorité a choisi de restreindre l’audition de hub.brussels à une thématique très partielle, le clustering, alors que cet organisme stratégique n’est auditionné que trop rarement, parfois une seule fois par législature.
Dans un contexte économique tendu, alors que Bruxelles affiche le taux de chômage le plus élevé du pays, ce choix empêche un véritable travail parlementaire sur les politiques de soutien à l’emploi et à l’économie. Ce choix de ne pas décider aujourd’hui coûtera cher demain, à tous les Bruxellois.
Procédure à géométrie variable
Face à cette situation, le MR a demandé, sur la base de l’article 63 du règlement du Parlement bruxellois, que ses textes soient inscrits sans délai à l’ordre du jour.
Une demande parfaitement recevable sur le plan réglementaire, mais refusée par la majorité, provoquant un incident en Commission. Une différence de traitement d’autant plus difficilement justifiable que des mécanismes identiques sont acceptés lorsqu’ils sont invoqués par d’autres groupes politiques, parfois même dans la salle adjacente, lors de la Commission Environnement.
« Recevable quand certains l’invoquent, irrecevable quand c’est le MR. Ce n’est pas un débat technique ni une querelle de procédure. C’est un problème démocratique », dénonce Olivier Willocx.
Le Parlement doit rester un lieu de débat
Au terme de la Commission, le MR, dans un esprit de responsabilité et de recherche de consensus, a accepté que l’examen des textes soit reporté de deux semaines afin de ne pas bloquer les travaux. Un compromis qui ne masque toutefois en rien le fond du problème.
Le Parlement n’est pas un lieu où l’on esquive les textes qui dérangent. C’est un lieu où l’on débat, où l’on contrôle l’action publique et où l’on assume des choix politiques.
Reporter indéfiniment des propositions parce qu’elles sont politiquement sensibles, alors que leurs effets sont déjà bien réels sur le terrain, constitue un déni de démocratie.
Le MR Bruxelles a pris ses responsabilités dès décembre en déposant des propositions concrètes pour adapter Actiris et améliorer l’accompagnement des chercheurs d’emploi. Il est inacceptable que ces textes soient écartés du débat parlementaire.
Alors que le gouvernement bruxellois en affaires courantes accuse un retard notoire dans la mise en œuvre de la réforme du chômage, pourtant entrée en vigueur le 1er janvier, près de 94 000 Bruxelloises et Bruxellois restent au chômage. Pendant que la Wallonie et la Flandre ont anticipé ces changements et préparé leurs dispositifs, Bruxelles demeure à la traîne. Le MR Bruxelles reste déterminé à ce que les réformes nécessaires avancent pour offrir de réelles perspectives de retour à l’emploi aux Bruxelloises et Bruxellois.

