Survol du nord de Bruxelles : colère à Schaerbeek face à « l’autoroute aérienne Crucke »

Survol du nord de Bruxelles : colère de Schaerbeek face à « l’autoroute aérienne Crucke » maintenue jusque fin octobre malgré les nuisances sonores.

La bourgmestre de Schaerbeek, Audrey Henry, accompagnée de ses homologues de Koekelberg et de Molenbeek-Saint-Jean, ne digère pas l’annonce que les routes survolant les 450.000 habitants du Nord de Bruxelles resteraient en service au moins jusqu’en octobre !

Après des mois d’insistance, la Bourgmestres de Schaerbeek Audrey Henry et ses homologues de Koekelberg  et de Molenbeek-Saint-Jeanont enfin pu s’entretenir, le 4 février, avec un représentant du Cabinet du Ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, qui a curieusement évité la « zone de turbulences » de cette réunion. Sujet unique : la « Route Crucke », autrement dit ce qui est devenu une véritable autoroute aérienne provoquant des nuisances sonores insupportables pour les 450.000 habitants du nord de Bruxelles.

La rencontre a été particulièrement décevante. Le Cabinet n’a pu offrir aucune perspective positive concrète et claire. Il a constamment insisté sur la volonté de Skeyes (opérateur chargé du contrôle du trafic aérien) de maintenir ces trajectoires en service, tout en minimisant de manière répétée sa propre responsabilité politique dans la gestion des trajectoires aériennes et le respect des normes de vent et de bruit.

Le Ministre Crucke a-t-il lâché les commandes ?

Jamais le Ministre de la Mobilité n’a engagé de dialogue avec les trois communes et leurs habitants. Les  Bourgmestres ont appris lors de cette rencontre que les trajectoires RNP-07 rectilignes seraient maintenues au minimum jusqu’à fin octobre. Celles-ci seraient actuellement considérées comme étant en « phase de test ». Une situation que les communes jugent totalement inacceptable.

Les Bourgmestres ne remettent nullement en cause les impératifs de sécurité aérienne ni le respect des normes européennes, mais ils considèrent que ces arguments ne sauraient à eux seuls justifier le survol intensif de quartiers densément peuplés. En outre, dans l’intérêt de la santé publique, des normes sonores sont légalement fixées, mais celles-ci ne sont absolument pas respectées. De nombreux aéroports européens démontrent à contrario qu’il est possible d’adapter les trajectoires aux réalités urbaines sans compromettre la sécurité.

Dans une nouvelle lettre datée du 6 février,  les Bourgmestres appellent le Ministre à « piloter l’avion » et à prendre sans délai les mesures nécessaires pour réduire les nuisances subies par les riverains.

Leurs demandes prioritaires :

– l’application effective de l’interdiction des vols de nuit entre 23 h et 7 h ;

– le respect strict de l’instruction du 17 juillet 2013 (normes de vent) ;

– le redéploiement du trafic cargo lourd vers des zones moins densément peuplées ;

– la priorisation de trajectoires évitant le survol de la Région bruxelloise qui est beaucoup plus densément peuplée que la périphérie.

La Bourgmestre de Schaerbeek, Audrey Henry (MR) : « Schaerbeek est la commune la plus proche de l’aéroport et, de ce fait, la plus exposée aux nuisances, en raison de la très basse altitude des avions. Nous ne remettons pas en cause les impératifs de sécurité ni les obligations européennes invoquées par le Ministre. En revanche, nous dénonçons un changement de trajectoires imposé sans concertation, sans information des autorités locales et sans étude d’impact. Du jour au lendemain, des quartiers entiers se retrouvent survolés en continu. La colère des habitants est légitime. Je la comprends et je la partage. Je dis au ministre Crucke, « il est temps de se poser… les bonnes questions » ».

« En piste, Monsieur le Ministre » : Les Bourgmestres renouvellent évidemment leur invitation au Ministre Crucke à venir à la rencontre des habitants lors d’une réunion citoyenne, afin de mesurer concrètement l’ampleur des nuisances.