Après 8 mois de travail intense et plus de 50 auditions, la commission spéciale Métro 3 du Parlement bruxellois, présidée par Anne-Charlotte d’Ursel, a adopté ses constats et 24 recommandations, entérinés ce vendredi 17 juillet en séance plénière du Parlement bruxellois. Pour le MR, ce rapport marque un tournant : il dote enfin la Région de vrais outils de bonne gouvernance, de transparence et de maîtrise des grands projets, afin que l’argent des Bruxellois soit géré avec rigueur et que les erreurs du passé ne se répètent plus.
Au-delà des aspects techniques, le groupe MR tient d’abord à souligner que ce rapport est d’abord le fruit d’une méthode de travail constructive : la commission spéciale Métro 3 a constitué une véritable bulle de calme au Parlement, où majorité et opposition ont pu travailler ensemble pour tirer des conclusions partagées. Sous la présidence d’Anne-Charlotte d’Ursel, les auditions ont permis un réel apprentissage collectif et une autocritique des acteurs impliqués, qu’il s’agisse des administrations, des responsables politiques ou des prestataires, avec une exigence commune : que les erreurs du passé ne puissent plus se reproduire.
« L’objectif de la commission n’était pas de régler des comptes à propos du passé, mais de tirer toutes les leçons d’un dossier mal maitrisé, pour que cela ne puisse plus jamais arriver », souligne Anne-Charlotte d’Ursel. « Nous voulons une Région capable de mener des projets de mobilité structurants de grande envergure, mais avec un pilotage clair, des études indépendantes et des garde-fous budgétaires. C’est une exigence de responsabilité vis-à-vis des contribuables et des usagers. »
À l’occasion de la présentation du rapport en plénière, le groupe MR tient à apporter une précision importante sur sa position. Contrairement à ce que certains comptes-rendus ont pu laisser entendre, le MR n’a pas plaidé que les décisions du passé avaient été prises « de bonne foi ». Dans son intervention ce jour au Parlement, Anne-Charlotte d’Ursel a au contraire explicitement regretté « qu’aucun des responsables entendus par la commission n’ait assumé les manquements constatés, reconnu d’erreurs ou de fautes commises, ni même pris sa part de responsabilité dans ce qui est devenu un véritable fiasco ». Une seule exception mérite d’être citée : Charles Picqué, qui a reconnu avoir sous-estimé la nécessité de solliciter un soutien plus important de l’autorité fédérale.
Pour le MR, le véritable problème n’est pas réductible à une ou plusieurs personnes en particulier. Les 70 heures d’auditions menées depuis novembre ont mis en lumière un mode de gouvernance profondément défaillant, dans lequel les décisions se sont empilées au fil des législatures sans que personne n’en maîtrise réellement l’ensemble. La STIB, Beliris, Bruxelles Mobilité, les ministres successifs et les différents niveaux de pouvoir ont tous assumé une partie du projet, sans que personne n’en soit jamais pleinement responsable. Cette dilution des responsabilités n’est pas une excuse : c’est précisément ce que la commission a eu pour mission de dénoncer et de corriger.
Le MR rappelle que le projet Métro 3 répond à un besoin réel et durable de mobilité dans le nord de Bruxelles. Pendant trop longtemps, Schaerbeek et Evere ont attendu un renforcement sérieux de l’offre de transport vers le centre-ville. Pour les libéraux, renoncer à cet axe structurant n’est pas une option. Mais le mener « quoi qu’il en coûte », sans contrôle ni anticipation, n’est plus acceptable. C’est précisément ce que les recommandations entendent corriger.
C’est dans cet esprit que les 24 recommandations ont été construites. Au cœur du rapport, une idée simple, portée de longue date par les libéraux : un seul pilote pour les grands projets. Le MR obtient la mise en place d’une structure de pilotage unique, logée dans une administration clairement identifiée, avec un directeur de projet responsable devant le Gouvernement et le Parlement. Finie, la dilution des responsabilités où tout le monde décide un peu et personne n’assume vraiment. Cette structure devra arbitrer, et rendre des comptes.
Autre levier central : une véritable « sonnette d’alarme » budgétaire, avec reporting obligatoire. Tout risque technique ou financier devra être immédiatement signalé. « On ne peut plus découvrir des explosions de coûts après coup », insiste Clémentine Barzin. « La transparence doit devenir la règle, pas l’exception. »
Le rapport met également fin à une pratique trop fréquente : décider sur des études incomplètes ou orientées. Les libéraux obtiennent des garanties fortes en matière d’indépendance des études et de qualité des analyses. Les grandes décisions devront désormais reposer sur une comparaison sérieuse des scénarios, réalisée par des acteurs qui ne sont pas juges et parties entre l’étude d’opportunité et l’étude de faisabilité. Aucun chantier lourd ne pourra être lancé sans études géotechniques et patrimoniales approfondies, en particulier dans des zones sensibles comme le Palais du Midi ou la Gare du Nord. Les recommandations prévoient aussi une répartition claire des responsabilités financières entre la Région et le Fédéral.
Le MR s’est également battu pour que le rapport ne tourne pas le dos aux victimes du chantier : commerçants, riverains, associations. Les recommandations prévoient une meilleure prise en compte de l’impact économique et social, avec un guichet unique pour les acteurs locaux, des dispositifs d’indemnisation définis avant le début des travaux et un véritable plan de gestion des chantiers. « On ne peut pas demander aux habitants et aux commerçants de tout supporter sans leur parler, sans les accompagner, sans les indemniser », insiste la rapporteuse Amélie Pans. « Un grand projet public doit aussi respecter ceux qui vivent et travaillent sur le tracé. »
Ce sont les leçons concrètes tirées de près de 4,8 milliards d’euros de dérapages, sans indulgence et sans complaisance. Avec ce rapport, désormais adopté en plénière, le MR défend les besoins de mobilité des Bruxellois, mais refuse les dérives de gouvernance et les dérapages budgétaires. Rapporteuse de la commission, Amélie Pans insiste sur la portée du rapport : « Ce rapport met fin à une époque : celle des grands projets sans pilote, sans contrôle et sans limites. Chaque euro public doit être justifié, chaque risque anticipé, chaque décision assumée. Les Bruxellois ne paieront plus pour les erreurs d’un système mal organisé. »
Le MR est fier du travail accompli sous la présidence d’Anne-Charlotte d’Ursel, dont la méthode rigoureuse et l’indépendance d’esprit ont été saluées par l’ensemble des groupes politiques, majorité comme opposition. Ce rapport marque un tournant : la fin d’une époque où Bruxelles pouvait lancer de grands projets sans pilote, sans contrôle et sans limites. Les Bruxellois méritent une gouvernance publique à la hauteur de leurs attentes, et c’est exactement ce à quoi ces recommandations les engagent.
« Métro 3 doit devenir un exemple de ce que Bruxelles peut faire de mieux, et plus jamais un symbole du laisser-aller. Cette commission a prouvé qu’on peut encore travailler ensemble au Parlement, avec méthode et sérieux. Ce que nous avons mis sur la table, ce ne sont pas des vœux pieux : ce sont des conclusions concrètes pour changer structurellement la façon dont Bruxelles gère ses grands projets », conclut Olivier Willocx.

