Le député Amin El Boujdaini a appris la politique bien avant de mettre les pieds dans un hémicycle. Éducateur sportif de formation, il a toujours fait du social sans jamais lui donner ce nom. Aujourd’hui parlementaire MR, il porte avec lui les réalités de ceux que les politiques publiques touchent en premier.
Quel est votre premier souvenir de Bruxelles ?
Je suis un enfant de Cureghem. Mes premiers souvenirs, c’est jouer au ballon contre un mur ou un garage, passer des heures dehors avec les copains, avoir l’impression que le temps ne passait pas. C’était tellement bien, tellement joyeux. Il y avait une vraie amitié, un vrai lien direct entre les gens. On était dans les années 90, pas encore de téléphones, pas de numérique. Ces moments-là manquent vraiment à la nouvelle génération. Poser son téléphone, discuter, jouer avec des potes : c’est quelque chose de précieux qu’on a un peu perdu.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la politique ?
J’ai toujours été actif dans le milieu associatif et dans la vie de quartier, souvent sans en avoir conscience. Dans mon salon de thé, on a toujours fait du social : des gens venaient parce qu’ils ne savaient pas lire le français, ou parce qu’ils avaient besoin d’aide pour remplir des documents. Mine de rien, c’est aussi ça, la politique : pouvoir aider les gens concrètement. Le déclic, c’est l’arrivée de David Leisterh et de Georges-Louis Bouchez. J’ai compris qu’il y avait un tournant, qu’il y avait moyen de faire les choses bien et différemment.
Quel a été votre parcours avant d’entrer en politique ?
Je suis éducateur sportif de formation. J’ai ensuite tenu un salon de thé, qui était bien plus qu’un commerce : un lieu d’écoute, d’entraide, où les gens du quartier pouvaient trouver un appui quand ils en avaient besoin. Cette expérience m’a donné une connaissance du terrain que les grands discours ne remplacent pas. Elle m’a appris à écouter avant de parler, et à mesurer les effets réels des décisions politiques sur la vie quotidienne des Bruxellois.
Y a-t-il une personnalité politique qui vous a inspiré ?
Deux, en réalité. L’empathie de David Leisterh et la détermination de Georges-Louis Bouchez. Ce sont deux façons complémentaires de faire de la politique : l’une qui met l’humain au centre, l’autre qui ne lâche rien face aux défis. C’est cette combinaison qui m’inspire dans mon propre engagement.
Pourquoi avoir choisi le Mouvement Réformateur ?
Parce que le MR incarne une volonté de changer les choses différemment. Pas en reproduisant ce qui a été fait pendant des années sans résultats, mais en cherchant de vraies solutions, ancrées dans les réalités du terrain. J’y retrouve aussi une vision de l’émancipation qui me parle profondément : encourager les gens, et surtout les jeunes, à devenir indépendants pour s’en sortir. L’indépendance, c’est une voie de liberté et c’est une valeur qui est au cœur du MR.
Quelles sont vos thématiques prioritaires ?
La mobilité à Cureghem, d’abord. On nous a imposé des « phases test » qui ont fait de notre quartier un véritable labyrinthe. Pour faire 500 mètres, il fallait parfois une heure. On nous a traités comme des rats de laboratoire, et je ne mâche pas mes mots. Ce n’est pas acceptable. Ensuite, le secteur des taxis qui a été abandonné pendant trop longtemps. On sent une vraie détresse chez ces professionnels. Mon rôle, c’est de leur apporter le soutien dont ils ont besoin et de trouver des réponses à leurs questions. Et plus largement, le bien-être des Bruxellois et l’émancipation de la nouvelle génération par l’indépendance professionnelle.
Comment déconnectez-vous de la politique ?
Honnêtement, c’est très compliqué. La politique, ça ne s’arrête pas à la sortie du Parlement. Mais à la maison, j’essaie de ne pas en parler avec mes enfants. C’est une frontière que j’essaie de préserver, pour eux, mais aussi pour moi.
Quel message souhaitez-vous adresser aux Bruxelloises et aux Bruxellois ?
Que leur quotidien, je le connais de l’intérieur. Je suis né ici, j’ai grandi ici, je travaille ici. Quand je me bats pour la mobilité à Cureghem ou pour les chauffeurs de taxi, ce n’est pas abstrait pour moi. Et je pousse fort la nouvelle génération à croire en elle, à oser l’indépendance, à ne pas attendre que les choses changent d’en haut. Chacun peut être acteur de sa propre émancipation, et c’est ça aussi, la vision libérale que je défends.

