Bras dessus Bras dessous, et si la meilleure réponse à la lutte contre l’isolement des aînés était un voisin ?  

« Comment rester heureux quand on commence à vieillir ? » La question paraît simple à première vue, mais pour des milliers de Bruxelloises et Bruxellois qui vivent chez eux seuls, elle ne l’est pas. 

Ce lundi 12 octobre, les Députées bruxelloises Aurélie Czekalski, Anne-Charlotte d’Ursel, Amélie Pans et Françoise Schepmans accompagnées du Président bruxellois des Seniors MR, Christian Jammaers et du Président Jeunes MR bruxellois Stéphane Gurbuz ont eu l’occasion de rencontrer l’équipe de l’ASBL “Bras dessus, bras dessous” 

Une histoire qui commence par une question 

L’histoire de cette association démarre en 2016 avec une citoyenne de la commune de Forest. Des expériences familiales la confrontent à la réalité du vieillissement et de l’isolement. Elle dresse alors l’inventaire de ce qui existe déjà à Bruxelles et son constat est double : les services de terrain laissent peu de temps aux échanges informels, pourtant essentiels et les projets mis en place se concentrent surtout sur les résidents de maisons de repos. La réponse à cette problématique est alors naturelle : un réseau de voisins solidaires 

D’un quartier à une Région  

Au fil des mois, les demandes sont arrivées des quartiers aux alentours. Le projet s’est alors étendu dans plusieurs communes bruxelloises avant de s’implanter également en Wallonie, mais avec toujours le même mot d’ordre : la proximité  

Aujourd’hui, l’ensemble des réseaux d’entraide bruxellois accompagne plus de 1500 personnes âgées isolées, avec plus de 900 bénévoles qui ont organisé près de 350 activités collectives en 2025.  

« 17 ans de solitude en moyenne » 

Les chiffres présentés aux élus donnent la mesure de cet enjeu. Selon la Fondation Roi Baudouin, sur 230 000 personnes de plus de 60 ans en Région bruxelloise, environ 32 000 se trouvent en situation de solitude sévère. Les études sur le coût de la solitude sévère évoquent des frais supplémentaires allant jusqu’à 900 euros par personne.  

« Une fois par semaine, pendant une heure minimum, pendant un an » 

L’association ne se limite pas à mettre en relation des voisins. Elle mène des actions complémentaires afin de soutenir chaque personne dans la durée avec un travail articulé autour de trois axes : le voisinage, le plaidoyer et les projets transversaux. 

En ce qui concerne le voisinage, le cadre est clair : un bénévolat avec un parcours d’accueil suivi d’un « Matching » avec un aîné en fonction des centres d’intérêts et des affinités. L’association assure également des formations pour ces bénévoles avec un suivi régulier.  

Des partenariats intéressants 

Côté projet transversaux, Bras dessus Bras dessous expérimente actuellement des partenariats inattendus. À La Louvière, des facteurs rendent visite à des aînés et les premiers retours de terrain sont encourageants : une visite prévue pour durer dix minutes en a duré trente 

« Soit on a l’agrément, soit l’association ne pourra plus exister » 

L’enjeu du plaidoyer est central dans la démarche de l’association : obtenir un agrément régional pour les réseaux d’entraide permettrait de sortir de la logique des subsides facultatifs annuels. L’équipe reste assez lucide sur le sujet : « Dans dix ans, Bras dessus Bras dessous ne pourra plus exister sans ce soutien » 

Sur le terrain, le constat est encourageant : mieux accompagnés, les seniors améliorent leur qualité de vie à domicile et peuvent y rester plus longtemps. 

« Quand on demande aux personnes de faire elles-mêmes les démarches, les taux de déperdition sont énormes » 

La lutte contre l’isolement des aînés ne s’invente pas : elle se construit au plus près des quartiers, avec des bénévoles engagés et des partenaires de terrain. Plusieurs enjeux se dessinent pour la Région :  

  • Mieux détecter l’isolement : privilégier la systématique : les courriers aux anniversaires, les rappels téléphoniques ou encore les visites. Ces pratiques existent dans certaines communes mais restent trop peu généralisées.  
  • Soutenir les initiatives de proximité dans la durée : le financement repose en grande partie sur les subsides et la fin de certains contrats de quartier fragilisent certaines antennes. L’agrément, possible d’ici la fin de la législature offrirait la prévisibilité nécessaire.  
  • Mieux coordonner les acteurs : voisins, services d’aides et de soins, communes ou encore hôpitaux : tous ont leur rôle à jouer et l’enjeu est qu’ils restent complémentaires  

Vieillir chez soi, entouré et libre de ses choix de vie 

C’est l’objectif que partagent les aînés, les voisins solidaires et le MR. Pour l’atteindre, deux priorités se dégagent de cette rencontre : sécuriser le financement des réseaux d’entraide et mieux détecter les situations d’isolement avant qu’elles ne s’y installent.  

Merci à l’équipe de Bras dessus Bras dessous d’avoir ouvert ses portes à notre délégation MR et pour la qualité des échanges.