« Faites ce que je dis, pas ce que je fais » ! PS, ECOLO et Vooruit dépensent 380 000€ pour des teambuildings

Alors que Bruxelles est plongée depuis plus de 600 jours en affaires courantes, sans budget voté, que le déficit, déjà abyssal, se creuse davantage de jour en jour, que les associations tirent la sonnette d’alarme, que les décisions sont reportées et que l’exécutif appelle à faire preuve de sobriété, un autre volet de la dépense publique suit un rythme étonnamment soutenu : les activités de cohésion interne, plus connues sous leur nom moderne et vendeur de teambuildings. Pour eux, les partis PS-Écolo-Vooruit sont prêts à dilapider l’argent public sans limite.

Les réponses aux questions parlementaires de la députée bruxelloise MR Ariane de Lobkowicz révèlent une addition fort salée : plus de 380 000 € dépensés en 2025 pour des teambuildings, fêtes du personnel et événements internes, et ce sans compter certains organismes dont les chiffres ne sont pas encore clôturés, comme Bruxelles-Propreté ou Bruxelles Mobilité. Et ce, rappelons-le, en régime d’affaires courantes. Pour couronner le tout : une partie de ces activités n’a même pas eu lieu en Région bruxelloise, alors qu’elles sont intégralement financées par le contribuable bruxellois.

Un classement qui donne le vertige

Médaille d’Or pour Nawal Ben Hamou – La machine à événements du Logement.

Coût pour les Bruxellois : 163 362,79 €

Premier au classement, le pôle Logement se distingue par un modèle quasi industriel : de très grands effectifs, et donc des opérations de cohésion à très grande échelle. Le cœur du budget provient du Service public régional de Bruxelles (SPRB), avec une enveloppe de 128 366,60 €. À ce montant s’ajoutent 31 966,67 € au niveau de la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB) : cette ligne inclut une subvention de 25 000 € à une ASBL, qui interpelle sur la frontière entre cohésion interne et financement indirect. Le Fonds du Logement complète l’ensemble avec 3 029,52 €, répartis entre activités ludiques (Quiz Room, Laser Game, centres de loisirs).

Médaille d’argent Alain Maron – Le « bien-être » des équipes au prix fort.

Coût pour les Bruxellois : 106 580,70 €

Deuxième du classement, le pôle Environnement affiche des dépenses élevées, avec une logique très structurée autour de la motivation des agents. La dépense principale se situe à Bruxelles Environnement, avec 91 465,00 €. Le Port de Bruxelles suit avec 11 392,24 €. Le cabinet n’est pas absent : 3 723,46 €. À noter que le budget de Bruxelles-Propreté n’est pas encore clôturé. Autrement dit, le total final du pôle pourrait encore augmenter et modifier le classement réel.

Médaille de Bronze, Ans Persoons – Urbanisme, économie… et événements « grand format ».

Coût pour les Bruxellois : 96 338,12 €

Troisième du classement, le pôle Urbanisme et Affaires se distingue par une signature bien particulière : une succession d’événements, parfois de grande ampleur, particulièrement visibles du côté de hub.brussels. L’agence totalise 58 529,97 € mélangeant teambuilding et événement de Saint-Nicolas. Urban.brussels suit avec 27 213,11 € incluant 14 teambuildings organisés à l’extérieur de la Région (notamment Anvers ou Dinant, ne serait-il pas préférable de choisir des endroits bruxellois ?). Le SIAMU (pompiers) affiche 6 543,58 €. Enfin, le cabinet s’ajoute avec 4 051,46 €.

Mention spéciale : Persoons et le repas à… 227 € !

Dans le pôle Persoons, un symbole revient et mérite une mention à part : la Tricoterie. On n’est plus ici dans le petit teambuilding discret entre collègues : 214 personnes ont été réunies pour un événement de cohésion, pour un coût total de 48 638,25 €, soit plus de 227 €/personne ! La vie est belle… (À cela s’ajoute la somme presque anecdotique dans ce cas de 10 000 € pour une fête de la Saint-Nicolas. Espérons tout de même que les spéculoos étaient bons !)

Clerfayt, Trachte et Van den Brandt montrent que… c’est possible !

Le contraste est frappant. Là où certains dépassent les 100 000 €, Bernard Clerfayt affiche une sobriété nette avec 9 854,21 €. Pour Barbara Trachte et Elke Van den Brandt, la somme est de 8 066,32 € dépensés à Bruxelles.

Transparence : un angle mort du côté de Vervoort

Un élément mérite enfin d’être signalé clairement : pour Rudi Vervoort, la question n’a semble-t-il pas été prise au sérieux. Elle est totalement esquivée. La réponse d’une ligne, l’absence de données complètes, ce n’est pas un détail administratif : c’est un problème de transparence.

Deux poids, deux mesures

Pendant que les associations voient leurs subsides sous pression, que les effectifs ne sont plus remplacés et que les Bruxellois sont appelés à la responsabilité, la majorité se réconforte, elle, avec cet argent qui, pourtant, n’existe pas. Pas grave, les Bruxellois paieront…

Comme le résume la députée bruxelloise MR Ariane de Lobkowicz : « Personne ne conteste l’utilité ponctuelle d’une activité interne. Mais ici, on parle de montants et de formats qui n’ont plus rien à voir avec la situation budgétaire de Bruxelles. Affaires courantes et dépenses très confortables, ça ne colle pas. »

Le MR dit stop !

Le MR Bruxelles dénonce l’hypocrisie du PS d’ECOLO et de Vooruit qui prêchent la rigueur tout en pratiquant le laxisme, sans garantir la transparence ni le contrôle des dépenses. L’argent public n’est pas un argent de poche, et la cohésion interne ne peut être prétexte à des dépenses aussi déconnectées de la réalité budgétaire bruxelloise. Face à ces dérives, le MR exige des règles claires, un encadrement strict et une justification systématique de chaque euro dépensé, ainsi qu’un minimum de décence budgétaire tant que Bruxelles reste sans gouvernement de plein exercice.