La réélection de Lotfi Mostefa à la présidence du Foyer anderlechtois suscite l’indignation du MR. Réunie ce jeudi au Parlement bruxellois, la Commission du Logement a été l’occasion, pour Clémentine Barzin et Louis de Clippele, de rappeler les nombreux dysfonctionnements et soupçons d’irrégularités examinés dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire consacrée au Foyer anderlechtois. Pour le MR, il est hors de question que les conclusions de cette Commission d’enquête reste sans suite.
À la demande des libéraux francophones et flamands, le Parlement bruxellois a décidé, le 5 juin dernier, d’instaurer une Commission d’enquête à la suite des révélations du magazine d’investigation Pano. Le reportage avait mis en lumière des soupçons de favoritisme et de clientélisme au sein du Foyer anderlechtois, une société de logement social qui gère près de 3 800 logements en Région bruxelloise.
En un mois, la commission d’enquête parlementaire sur le Foyer anderlechtois a auditionné 49 témoins et mis en évidence de nombreuses irrégularités : manque de transparence, soupçons d’ingérence politique, problèmes de gouvernance et d’attribution des logements.
À la suite de ces travaux, le Parlement a adopté 26 recommandations visant à renforcer les contrôles et à garantir un accès équitable au logement social pour les 62.000 Bruxellois en attente.
Malgré ces conclusions, le président du Foyer anderlechtois a été réélu le 17 août. Une décision qui a poussé Clémentine Barzin à interpeller la secrétaire d’État au Logement pour obtenir des explications et des garanties sur la mise en œuvre effective des recommandations. « La réélection, à la hâte, de Lotfi Mostefa à la tête du Foyer Anderlechtois est un signal désastreux. Après ces irrégularités constatées, et ces 26 recommandations que nous avons votées dans ce parlement à la suite de notre Commission d’enquête, la moindre des choses aurait été de s’opposer é son retour. Je constate donc que c’est statu quo, et nous le dénonçons fermement », a déclaré Clémentine Barzin.
La députée a salué les avancées de la secrétaire d’État, notamment la future modification du Code bruxellois du logement et la prise en compte d’un certain nombre de recommandations du Parlement dans le cadre du renouvellement des contrats de gestion avec la SLRB. Elle a toutefois déploré l’absence de circulaire pour encadrer les attributions urgentes, au cœur du problème, et demandé, bien plus qu’une présentation du contrat de gestion en commission, que le texte qui traduira les recommandations soit communiqué à la commission du logement avant son approbation par le gouvernement, cela afin de garantir le contrôle parlementaire.
Concernant l’enveloppe de 131 millions d’euros, le député MR Louis de Clippele, a rappelé qu’il ne s’agit pas d’une simple subvention, mais d’une opération financière, qui exige notamment de vérifier la capacité de remboursement de la SLRB. Face aux déclarations de la secrétaire d’État affirmant qu’elle ne se laissera pas “prendre en otage”, le député libéral a tenu à rappeler que « s’il y a bien une prise en otage à Bruxelles, c’est celle de ces finances publiques, plombé par des années de mauvaise gestion et de choix budgétaire irresponsables. Ces décisions du passé limitent aujourd’hui notre marge de manœuvre. Dans ce contexte, il est donc parfaitement légitime d’exiger une gouvernance exemplaire et une gestion plus rigoureuse des moyens publics ».

