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9 Airbnb sur 10 à Bruxelles sont illégaux, 7 millions sont attendus. Sadik Köksal : « il faut remettre de l’ordre pour ne pas pénaliser les Bruxellois »

À Bruxelles, 90% des logements proposés sur Airbnb fonctionnent en dehors de tout cadre légal. Ce chiffre, révélé par une enquête de BRUZZ en avril 2026, est le symptôme d’un système que la Région tarde à corriger. C’est ce constat qui a conduit notre député Sadik Köksal à interpeller le ministre Dirk De Smedt, en charge des Finances et de la Simplification administrative, sur l’état réel de la régularisation des logements touristiques.

La réponse du ministre, si elle confirme que des efforts sont en cours, révèle surtout l’ampleur du retard à rattraper. Bruxelles Fiscalité ne dispose que de 5 à 7 équivalents temps plein pour gérer l’ensemble de ces dossiers. La campagne de régularisation couvre 6.845 dossiers, parmi lesquels environ 2.200 logements restent encore en phase d’identification ou de régularisation. Pour les exercices 2023 à 2025, les droits attendus sont estimés entre 6 et 7 millions €.

L’aspect fiscal n’est pourtant qu’une facette du problème. Des études récentes estiment qu’Airbnb retire à lui seul près de 2.700 logements entiers du marché résidentiel bruxellois. Or Bruxelles souffre d’une pénurie structurelle de logements abordables, et chaque bien capté par la location touristique non régularisée aggrave la situation des locataires. L’objectif n’est pas de sanctionner pour sanctionner : c’est de remettre de l’ordre pour que le marché du logement fonctionne correctement pour tous les Bruxellois.

« Nous parlons ici d’un double préjudice », souligne Sadik Köksal. « D’un côté, des recettes publiques qui font défaut à une Région qui en a cruellement besoin. De l’autre, des logements soustraits au marché résidentiel, ce qui pèse directement sur les loyers des Bruxellois. Un logement Airbnb supplémentaire pour 100 ménages entraîne une hausse des loyers résiduels moyens de 1,6%. Ce n’est pas un chiffre abstrait, c’est la réalité quotidienne de milliers de familles bruxelloises. »

Par ailleurs, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé la réglementation bruxelloise actuelle trop imprécise et insuffisamment transparente. Le règlement européen applicable depuis le 20 mai 2026 oblige désormais les plateformes numériques à vérifier les numéros d’enregistrement et à transmettre leurs données aux autorités locales. « C’est une opportunité concrète que Bruxelles doit saisir sans attendre », insiste Sadik Köksal.

« Je salue l’engagement du gouvernement bruxellois à réviser la législation, avec l’objectif d’assouplir les conditions pour les particuliers louant une chambre chez eux tout en durcissant les exigences pour la location de logements entiers. C’est la bonne direction », poursuit le député. « Nous demandons maintenant que cette réforme se concrétise rapidement : des règles claires, appliquées équitablement, avec les moyens humains nécessaires. C’est à cette condition que le marché pourra fonctionner correctement, pour les opérateurs de bonne foi comme pour les Bruxellois qui cherchent à se loger. »