Métro 3 : les députées Clémentine Barzin et Amélie Pans proposent deux garde-fous

Après 23 réunions, la commission spéciale Métro 3, lancée à la suite d’un rapport accablant de la Cour des comptes sur le projet, s’apprête à déposer sa liste de recommandations. De leur côté, les députées libérales Clémentine Barzin et Amélie Pans proposent d’ores et déjà, par voie de résolution, deux garde-fous concrets : une « sonnette d’alarme » budgétaire et une garantie d’indépendance stricte pour l’acteur chargé de l’étude de faisabilité du projet. Objectif ? Outiller la Région afin qu’elle puisse mener des projets d’ampleur au bénéfice des Bruxellois.

La commission spéciale Métro 3 a été lancée le 6 novembre 2025 avec le soutien du MR dans un objectif clair : faire toute la lumière sur les irrégularités constatées dans l’avancement du projet et assurer une totale transparence sur l’utilisation des deniers publics.

Sous la houlette de sa présidente, Anne-Charlotte D’Ursel, la commission a choisi de travailler avec méthode et dans le respect de la chronologie, en retraçant chaque étape du dossier depuis sa genèse jusqu’à aujourd’hui.

En 23 séances, l’ensemble des parties prenantes du projet ont été entendues par les commissaires : la STIB, Beliris, Bruxelles Mobilité, la Cour des comptes, les ministres concernés et de nombreux autres acteurs.

Du côté des libéraux, Clémentine Barzin et Amélie Pans ont participé à l’ensemble des échanges et interrogé avec rigueur les différents intervenants. Rapidement, plusieurs dysfonctionnements ont été mis en évidence : études biaisées, gouvernance éclatée, travaux lancés prématurément, marchés publics mal calibrés et financement non bouclé. La conséquence de ces failles est directe : des délais rallongés et un budget prévisionnel multiplié par cinq.

Pour répondre concrètement à ces enjeux, les députées libérales ont décidé, en parallèle des recommandations de la commission, de proposer deux garde-fous pour les futurs grands projets publics : une « sonnette d’alarme » budgétaire et une garantie d’indépendance stricte pour l’acteur chargé de l’étude de faisabilité du projet.

Garantir l’indépendance entre l’étude et l’exécution

La commission spéciale Métro 3 a mis en lumière l’un des problèmes de fond du dossier : l’absence de séparation claire entre le responsable des études et l’acteur chargé de la mise en œuvre du projet. En effet, dès le départ, certaines études d’opportunité et analyses socio‑économiques étaient basées sur des hypothèses très optimistes et n’ont pas été régulièrement réexaminées à mesure que le contexte évoluait. Dans certains cas, ces études avaient été confiées à des bureaux qui pouvaient ultérieurement obtenir d’autres missions liées au projet. Cette configuration crée un risque structurel de conflit d’intérêts. 

La proposition déposée par les députées libérales demande au gouvernement d’imposer, dans le cadre des projets d’investissement, une indépendance stricte entre l’expert chargé de l’étude de faisabilité et l’expert chargé de la mise en œuvre du projet.

« Celui qui évalue l’utilité d’un projet, son coût et ses risques ne doit jamais être juge et partie. La commission spéciale Métro 3 a révélé que le bureau BMN, chargé de l’étude d’opportunité socio-économique, pouvait ensuite prétendre à sept autres tranches d’études si le projet recevait un avis favorable. Il n’est pas acceptable de créer un effet d’aubaine entre celui qui conçoit l’étude et celui qui met ensuite le projet en œuvre, a fortiori lorsque ces travaux sont financés par des deniers publics », commente Clémentine Barzin, députée MR.

Une « sonnette d’alarme » budgétaire

La seconde proposition vise à éviter de telles dérives budgétaires dans le cadre de projets menés par des organismes publics lié à la région par un contrat de gestion.

L’enveloppe initiale du Métro 3 a été multipliée par cinq sans qu’aucun mécanisme d’alerte institutionnel ne permette d’intervenir à temps. Afin de renforcer la maîtrise budgétaire des grands projets publics, les députées proposent d’imposer aux organismes publics une « sonnette d’alarme » prévoyant une information automatique du ministre de tutelle dès qu’un dépassement de 30 % du budget initial est constaté.

Au-delà d’un dépassement de 50 %, le Parlement devrait également être saisi.

« +477% de dérapage et personne aux commandes : voilà le vrai bilan du Métro 3. Cinq acteurs publics, zéro pilote, et aucun mécanisme obligeant à rendre compte au Parlement avant que la facture n’explose. Si cette sonnette d’alarme avait existé, on l’aurait tirée à 1,7 milliard — pas découvert la facture à 4,7 milliards une fois le mal fait », commente Amélie Pans, députée MR.

Avec ces deux propositions concrètes, l’ambition du MR est claire : permettre à la Région de mener des projets d’envergure au bénéfice des Bruxellois, tout en garantissant leur soutenabilité financière et une meilleure maîtrise de l’argent public.