Gloria Garcia Fernandez : cheffe de file à Molenbeek, avocate et cheffe de cabinet adjointe au CPAS de Bruxelles

Comment te présenterais tu en quelques mots ?

Je suis avant tout une Molenbeekoise de cœur. C’est à Molenbeek-Saint-Jean que j’ai grandi, construit mon parcours et appris à connaître la richesse de sa diversité, mais aussi les défis auxquels ses habitants sont confrontés.

Mon engagement a commencé bien avant mon entrée en politique. Comme assistante sociale, avocate et actrice du tissu associatif local, j’ai été pendant de nombreuses années au contact direct des habitants. J’ai accompagné leurs difficultés, mais j’ai surtout découvert leurs aspirations, leurs talents et leur formidable volonté d’avancer.

Avant même d’être élue, Françoise Schepmans m’a offert l’opportunité de siéger comme conseillère au CPAS de Molenbeek. J’y ai exercé cette responsabilité pendant plus de quatre ans. Cette fonction a profondément marqué mon parcours, car elle m’a permis d’être au plus près des réalités sociales vécues par de nombreux habitants et de mieux appréhender les défis auxquels ils sont confrontés au quotidien.

Mon élection comme conseillère communale à Molenbeek a constitué une étape importante de mon parcours. Ce mandat m’a permis de porter la voix des habitants au sein du conseil communal et de faire le lien entre les réalités du terrain et les décisions politiques. Par la suite, j’ai eu l’honneur d’exercer la fonction d’échevine, avec la volonté constante de traduire les engagements politiques en actions concrètes au service des Molenbeekois.

Tu es cheffe de file libérale du MR qui a été relégué dans l’opposition, comment cela se vit ?

Siéger dans l’opposition est un rôle différent de celui que j’ai exercé comme échevine, mais il est tout aussi essentiel. Avec mon équipe, nous assumons pleinement notre rôle de libéraux dans l’opposition en exerçant un contrôle rigoureux de l’action de la majorité, en défendant une gestion responsable des finances publiques et en exigeant que chaque décision soit prise dans l’intérêt des Molenbeekois.

Molenbeek est une commune qui fait régulièrement l’actualité. Les habitants attendent avant tout que la commune remplisse correctement ses missions de base et qu’elle soit gérée avec sérieux.

Ces derniers mois, une autre inquiétude revient de plus en plus souvent concernant la situation financière de la commune. Les habitants comprennent que les moyens sont limités, mais ils veulent savoir comment leur argent est utilisé et quelles seront les conséquences des choix budgétaires posés aujourd’hui sur les années à venir.

Depuis l’opposition, les libéraux considèrent qu’il est de leur devoir d’être particulièrement vigilants sur ces enjeux. Nous interrogeons les choix posés, analysons leurs conséquences pour les habitants et demandons des comptes lorsque cela nous semble nécessaire. La majorité dispose des leviers de décision, mais l’opposition a la responsabilité de contrôler, de questionner et de mettre en lumière ce qui doit l’être.

Molenbeek est une commune particulière à bien des égards, quels enjeux te semblent essentiels ?

À mes yeux, le principal défi pour l’avenir de Molenbeek est aujourd’hui le redressement durable des finances communales. Tant que la commune ne retrouvera pas une situation financière saine, il sera difficile de répondre pleinement aux attentes des habitants en matière de sécurité, de propreté, d’enseignement, de logement et de qualité de vie.

Ce redressement passe d’abord par un recentrage de la commune sur ses missions essentielles. Dans le contexte budgétaire actuel, chaque politique publique doit être évaluée à l’aune de son utilité, de son efficacité et de son coût.

Certaines missions pourraient également être exercées en partenariat avec des opérateurs spécialisés lorsqu’ils disposent déjà de l’expertise, des ressources et des économies d’échelle nécessaires. Une commune ne doit pas nécessairement tout porter seule lorsqu’il existe des partenaires capables d’apporter une expertise complémentaire ou des moyens supplémentaires.

Il faut revoir l’organisation de l’administration communale. Certains services aux missions complémentaires pourraient être regroupés en pôles afin de gagner en efficacité et de réduire les coûts de fonctionnement. Il faut mener la même réflexion avec les ASBL para-communales. Il est nécessaire également de renforcer le service des finances. Avant de demander davantage d’efforts aux contribuables, la commune doit s’assurer qu’elle perçoit effectivement toutes les recettes qui lui sont dues. Je pense notamment aux créances ouvertes liées à l’occupation des salles communales, à certaines redevances ou à l’utilisation d’infrastructures communales.

Nous estimons également qu’il faut lutter plus efficacement contre les incivilités qui pèsent sur les finances locales. Les dépôts clandestins, les dégradations et les nuisances entraînent des dépenses importantes pour la collectivité. Cela passe par une utilisation plus systématique des sanctions administratives communales, un meilleur suivi des infractions, mais aussi par un renforcement progressif des outils de surveillance dans les zones les plus problématiques.

Enfin, il faut oser aborder avec lucidité la question des infrastructures communales. Qu’il s’agisse de la piscine ou des autres infrastructures sportives, ces équipements sont essentiels pour les habitants, les écoles, les clubs et les associations, mais leur exploitation représente une charge importante pour la commune. L’objectif n’est pas de remettre en cause leur existence, mais de garantir leur pérennité.

La vision que je défends est celle d’une commune propre, sûre, bien entretenue et bien gérée. Elle concentre ses moyens sur ses missions fondamentales, offre des services publics efficaces et accessibles, et utilise l’argent public avec responsabilité. C’est aussi une commune qui soutient ses commerçants, ses indépendants, ses entrepreneurs, son tissu associatif et toutes celles et ceux qui contribuent chaque jour à son dynamisme. Molenbeek dispose d’atouts extraordinaires, sa jeunesse, sa diversité, son énergie, son tissu entrepreneurial et sa localisation stratégique à proximité immédiate du centre de Bruxelles.