Elu de la semaine : Philippe MICHOTTE, échevin de l’urbanisme à Evere

1/ Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a donné́ envie de t’engager en politique communale ?

Mon parcours est celui d’un citoyen qui, à un moment donné, a ressenti le besoin profond de passer de la vie active à l’action collective.

Je suis arrivé à Evere en novembre 2012, après avoir vécu 17 ans à Saint-Josse-ten-Noode, et auparavant à Ixelles et Etterbeek — sans oublier mes racines plus lointaines à Ciney et Beauraing. Comme beaucoup, j’ai passé près de 25 ans la tête dans le guidon, d’abord comme salarié puis comme indépendant, concentré sur ma famille, ma carrière et mon quotidien.

Le déclic s’est fait progressivement. J’ai eu envie de lever le nez de mon activité professionnelle pour consacrer du temps à ce qui nous rassemble : le bien commun et le vivre ensemble. C’est par le tissu associatif et le bénévolat que j’ai véritablement découvert Evere et ses habitants. Mon investissement, notamment pendant quatre ans comme trésorier puis président du Relais pour la Vie d’Evere, a été une aventure humaine formidable. Elle m’a permis de nouer des liens forts, de comprendre les attentes locales et de m’enraciner durablement dans cette commune.

C’est fort de cette expérience de terrain qu’en 2017, la section locale du MR est venue me proposer de franchir le pas de la politique communale. J’ai accepté de relever le défi. Placé en 5e position sur la liste, la confiance des Everois m’a permis d’être élu conseiller communal, marquant le début de mon engagement public.

2/ Tu es le seul échevin MR au sein d’un collège composé majoritairement de socialistes. Comment se passe cette collaboration au quotidien ?

Si je devais résumer notre collaboration en collège en un mot, ce serait : bonne. Et j’ajoute que c’est une excellente surprise pour ceux qui prédisaient des étincelles.

Il faut être réaliste et pragmatique : en tant qu’unique échevin MR face à un collège majoritairement socialiste, ma seule voix ne pèse pas lourd sur le papier en cas de vote de bloc. Mais la politique locale ne fonctionne pas comme cela. J’apporte ma vision, mes idées et mes propositions autour de la table, et j’ai la prétention de croire que mes collègues écoutent mes interventions avec attention et respect.

Je conçois le collège des bourgmestre et échevins comme une équipe de football (j’espère ne pas être le seul) : une fois sur le terrain, peu importe la couleur du maillot, nous jouons tous pour le même club, qui est Evere.

3/ Quel conseil donnerais-tu à un citoyen ou à un jeune qui souhaite s’engager en politique locale ?

Le conseil que je lui donnerais est simple : ne reste pas centré sur toi-même, car l’individualisme pur est une impasse qui ne permet pas de réellement s’épanouir. L’engagement personnel pour le bien commun est l’une des aventures humaines les plus gratifiantes et valorisantes qui soit à titre personnel, et la politique locale est le moyen le plus direct et concret pour transformer cette envie en actions réelles pour tes voisins et ta commune.