Un nouvel audit accablant vient de révéler que l’Agence immobilière sociale (AIS) de Saint-Josse-ten-Noode a fraudé pendant plus de 20 ans. Sur 181 dossiers examinés, 86% présentent des irrégularités (fraudes avérées, fraudes présumées, dossiers incomplets). Des membres du personnel s’attribuaient des logements sociaux à eux-mêmes et à leurs proches, falsifiaient des documents, manipulaient des dossiers. Inacceptable. L’AIS a depuis été déclarée en faillite, avec plus d’un 500.000 € de dettes.
« Ces révélations ne m’étonnent pas, elles me révoltent », déclare Loubna Azghoud, cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois. « Ce que nous découvrons à Saint-Josse, c’est le visage le plus brutal du favoritisme appliqué au logement. Des familles attendent un logement depuis des années en respectant les règles, pendant que d’autres contournaient le système grâce à leurs relations. C’est une double injustice, et elle ne peut plus rester sans réponse. »
À peine quelques jours après l’adoption en séance plénière, à l’initiative du groupe MR, de la commission d’enquête parlementaire sur le Foyer anderlechtois, ces nouvelles révélations confirment que les dysfonctionnements ne se limitent pas à une seule structure.
« La commission d’enquête sur le Foyer anderlechtois nous donnera des réponses indispensables », poursuit Loubna Azghoud. « Mais Saint-Josse nous oblige à aller plus loin. Les anomalies sont trop nombreuses, trop répandues pour ne pas envisager un examen systématique de l’ensemble du secteur. Nous demandons que la commission d’enquête parlementaire sur le Foyer anderlechtois étende ses travaux aux dysfonctionnements constatés à Saint-Josse. »
Le groupe MR demande également que les outils existants soient enfin pleinement activés : le Code bruxellois du logement confie depuis 2020 à la SLRB une mission explicite de coordination et de contrôle sur l’ensemble des SISP. Ces mécanismes n’ont jamais été activés. « Ce n’est pas faute de cadre légal. C’est faute de volonté politique », souligne Loubna Azghoud.
Ça suffit. Les Bruxelloises et les Bruxellois qui attendent un logement dans les règles méritent la clarté, l’équité et un système enfin dépolitisé. Le logement ne peut plus rester otage du favoritisme et des réseaux. Parce qu’on ne construit pas une véritable politique sociale sans garantir l’égalité de traitement et des chances pour chaque Bruxelloise et chaque Bruxellois.

