Kristela Bytyçi, députée bruxelloise engagée au sein du MR Bruxelles, incarne un parcours marqué par l’intégration, la résilience et l’ouverture. Arrivée en Belgique enfant, elle puise dans son histoire personnelle une volonté forte de défendre l’égalité des chances et de lutter contre les discriminations. À travers son engagement et ses combats, elle entend faire de Bruxelles d’opportunités et d’émancipation tournée vers l’avenir. Nous sommes allés à sa rencontre.
Voudriez-vous nous faire part d’une anecdote ou d’une histoire qui peut nous aider à comprendre qui vous êtes ?
Ma famille est arrivée en Belgique quand j’avais huit ans, et j’ai dû m’intégrer, apprendre une nouvelle langue et apprivoiser un environnement totalement différent. Cette expérience d’exil et d’adaptation a profondément marqué ma personnalité et mon regard sur la société.
Quel est votre premier souvenir lié à Bruxelles ?
Mon premier souvenir de Bruxelles, c’est la multiculturalité à l’école : des enfants de tous horizons, des langues différentes dans la cour de récréation et une diversité qui m’a tout de suite marquée comme étant une richesse.
Quelle est la première expérience qui vous a sensibilisée aux enjeux politiques ou sociétaux ?
En tant qu’aînée de la famille, j’ai très vite été confrontée aux difficultés administratives et sociales qu’on rencontrait. Parce que j’ai vite appris le français, j’aidais les membres de la famille à faire les démarches diverses et administratives et à traduire, et j’ai eu envie de comprendre comment fonctionnait ce pays d’accueil qui était devenu le nôtre.
Y a-t-il un moment précis où vous vous êtes dit : « Je veux m’engager » ? Qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes lancée ?
C’est au moment de mes études en sciences politiques et en relations internationales que j’ai vraiment commencé à m’impliquer. À force d’analyser les enjeux de société et les mécanismes institutionnels, l’envie de passer de l’observation à l’action s’est imposée naturellement.
Vous parlez de vos études. Dites-nous, quel a été votre parcours avant d’entrer en politique ?
Avant d’entrer en politique, j’ai travaillé au sein des institutions européennes. Cette expérience m’a plongée au cœur des enjeux européens et internationaux, dans un environnement à la fois exigeant et stimulant.
Travailler entourée de nombreuses personnes ayant des nationalités différentes m’a donné une véritable ouverture d’esprit et une grande flexibilité. À Bruxelles, où 186 nationalités se côtoient, cette capacité à comprendre des points de vue très différents est essentielle : en tant que députée, être ouverte d’esprit est important.
Si vous deviez vous décrire en trois mots, lesquels choisiriez-vous et pourquoi ?
Je me décrirais comme ouverte d’esprit, communicative et empathique.
Kristela, parlons un peu politique.
Y a-t-il une personnalité politique en Belgique ou ailleurs qui vous a particulièrement inspirée dans votre engagement ?
Margaret Thatcher m’inspire par sa force de caractère et la détermination avec laquelle elle a mené ses combats, même si je ne partage pas toutes ses positions. Angela Merkel m’inspire également pour le travail qu’elle a accompli pour l’Europe, sa diplomatie et la longévité de ses mandats à la tête d’une grande puissance européenne en tant que femme.
Et si vous pouviez passer une heure avec une personnalité politique, contemporaine ou historique, serait-ce Margaret Thatcher ou Angela Merkel ?
Je crois que je choisirais Barack Obama : malgré des critiques possibles sur son mandat, il a une manière de communiquer qui m’inspire, avec une grande ouverture d’esprit et une énergie positive qui se ressent dans ses discours.
Et pourquoi avez-vous personnellement décidé de vous engager en politique ?
Mon engagement politique est né progressivement, de la rencontre entre mon histoire personnelle, marquée par l’intégration et mes études en sciences politiques. J’ai voulu transformer mes constats sur les discriminations et les inégalités en action concrète, au service de l’égalité des chances.
Et pensez-vous que la politique est le meilleur moyen pour faire évoluer la société ?
Je pense que chacun doit évoluer à sa manière, à sa propre échelle et qu’en changeant soi- même, on contribue déjà à faire évoluer la société. La politique n’est pas le seul moyen, mais elle est un levier important pour accompagner et amplifier ces changements.
Vous parlez d’égalité et de justice. Quel problème ou quelle injustice vous a le plus motivée à agir ?
Ce qui m’a le plus motivée à agir, ce sont les discriminations liées à l’origine et au genre, ainsi que l’injustice en matière d’égalité des chances. Je ne peux pas accepter qu’un nom, un genre ou une origine puissent encore fermer des portes.
Et c’est vraiment le terrain qui me porte et me donne de l’énergie : la proximité, les échanges, les rencontres. Quand je vois concrètement que je peux aider, débloquer une situation ou améliorer un dispositif, cela me pousse à continuer.
Je suis vraiment motivée par le contact humain et le fait de pouvoir rendre service. J’ai envie d’améliorer les choses, j’apprends moi-même tous les jours et j’évolue grâce à cet engagement ; la politique, d’une certaine manière, me tient éveillée.
Pourquoi avoir choisi le Mouvement Réformateur pour porter vos combats ?
Au vu de l’histoire de ma famille, marquée par l’une des pires dictatures communistes au monde, la liberté est pour moi une valeur très importante. En lisant le programme du Mouvement Réformateur, j’ai été marquée par la place centrale qu’il accorde à la liberté, et notamment à la liberté individuelle, qui est au cœur de ma vision du libéralisme.
Je pense in fine que c’est la liberté individuelle qui est la valeur qui me correspond le plus au MR. Parce qu’elle va de pair avec la responsabilité, l’émancipation et la possibilité, pour chacun, de choisir sa propre voie.
Quelle est la spécificité du MR à Bruxelles selon vous ?
Bruxelles est une ville très particulière, par sa diversité comme je l’ai évoqué, ses défis mais aussi son statut de capitale européenne. Le MR y développe une approche adaptée à la réalité de la Région et à la population qui y vit, avec des réponses concrètes et pragmatiques.
Kristela, parlez-nous un peu des combats que vous portez aujourd’hui en politique et .. pourquoi ceux-là plus que d’autres ?
Mes principaux combats portent sur l’égalité des chances entre les femmes et les hommes et sur l’émancipation sociale. Je veux que chacun et notamment les jeunes, puisse mener la carrière qu’il souhaite et voir Bruxelles comme une ville de possibilités et d’opportunités.
Garantir un meilleur accès aux soins est aussi primordial pour moi, notamment en santé mentale, qui devient un réel enjeu à Bruxelles.
Quelle réforme ou quel projet vous tient particulièrement à cœur à Bruxelles et en Belgique ?
La réforme du chômage est une réforme qui me tient particulièrement à cœur car c’est un levier essentiel d’émancipation et j’ai envie de voir comment les politiques en la matière vont évoluer dans les prochaines années. Je suis aussi très attachée aux questions d’enseignement, notamment aux travaux menés par la ministre Glatigny sur la qualité de l’enseignement et sur la neutralité vis-à-vis des signes religieux.
Quel est selon vous le défi majeur que Bruxelles doit relever dans les prochaines années ?
Bruxelles doit relever des défis majeurs en matière de propreté et de sécurité, en particulier pour les jeunes et pour les femmes, surtout pour assurer dignement son rôle de capitale de l’Europe. La santé mentale est également un enjeu central, qui doit être beaucoup mieux pris en compte dans les politiques publiques.
Et que représente Bruxelles pour vous ?
Bruxelles est pour moi une région d’accueil, celle qui m’a donné ma chance. Malgré les défis à relever, je continue de la voir comme un lieu de possibilités et d’opportunités.
Bruxelles est une ville unique, profondément cosmopolite. Elle est marquée par une grande ouverture d’esprit et une importante présence d’expatriés. Elle est aussi le cœur des institutions européennes et de l’OTAN, ainsi que de nombreuses ONG et lobbies, ce qui lui donne une dimension internationale unique.
Malgré la présence de ces institutions, c’est la Grand-Place qui m’inspire le plus : c’est un lieu chargé d’histoire, de beauté et de symboles, où se rencontrent les Bruxellois et le reste du monde.
Parlons un peu de votre vie de députée.
Quel aspect de votre mandat préférez-vous ?
Ce que je préfère dans mon mandat, ce sont les rencontres : être au contact des citoyens et écouter leurs réalités.
Il y a des rencontres qui m’ont profondément marquée. Par exemple, avec le GAMP, au Parlement bruxellois, une maman était en pleurs parce qu’il n’y avait pas de place pour son enfant en situation de handicap dans les institutions.
Quand elle a finalement trouvé une place, l’organisation restait problématique et elle ne pouvait pas voir son enfant comme elle l’aurait voulu ; elle demandait simplement une prise en charge digne et humaine et a pleuré dans mes bras. C’était un moment très touchant et émouvant…
Sinon un moment marquant depuis que je fais de la politique reste évidemment mon élection : devenir la seule députée d’origine albanaise et en plus une femme, a été une immense fierté et un symbole fort pour moi et qui continue de me motiver dans mon quotidien.
Et sinon, quelle passion ou activité vous permet de vous déconnecter de la politique ?
Pour me déconnecter, je pratique la natation, je lis et je voyage. Ces activités me permettent de prendre du recul, de me ressourcer et de continuer à nourrir ma curiosité.
Côté cinéma, y a-t-il un film ou personnalité qui vous inspire ?
Parmi les œuvres qui m’inspirent (il y en a quelques-unes), mais je citerais un film que j’ai vu récemment « La Maison des femmes », qui met en lumière un lieu où sont accueillies des femmes de différents horizons, victimes de violences intrafamiliales ou conjugales. Ce film résonne particulièrement avec mes combats pour les droits des femmes.
Quel message souhaitez-vous adresser aux Bruxellois aujourd’hui ?
J’ai envie de dire aux Bruxelloises et aux Bruxellois de rester optimistes et positifs, et de continuer à travailler ensemble, main dans la main, pour construire un avenir meilleur pour notre Région.
Comment imaginez-vous Bruxelles dans 50 ans ?
J’imagine une Bruxelles plus innovante et créative, avec davantage d’emplois, plus ouverte sur le monde, mieux gérée en matière de sécurité et de propreté, et offrant encore plus d’opportunités aux jeunes.
Pourquoi les citoyens doivent-ils continuer à croire en l’action politique ?
Qu’on le veuille ou non, les grandes décisions qui structurent notre quotidien sont prises par les responsables politiques. Il est donc important de participer et de collaborer avec les politiques (peu importe le niveau de pouvoir) pour prendre des décisions adéquates, plutôt que de s’isoler de la politique.
Portrait réalisé le 3 avril 2026.
Plus d’infos sur la députée Bytyçi : https://kristelabytyci.com/

