Loubna Azghoud, cheffe de groupe MR, a interpellé le gouvernement sur l’invisibilité des violences sexuelles faites aux enfants en Belgique.
Une demande portée depuis plus d’un an par la cheffe de groupe MR, que le meurtre récent de la petite Lyhanna , 11 ans, en France, rend plus urgente que jamais.
Loubna Azghoud : « Il y a un sujet sur lequel on ne parle pas assez, ou pas du tout : c’est l’inceste et les violences intrafamiliales », a-t-elle introduit. En France, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle toutes les 3 minutes. En Belgique, aucune donnée fiable n’existe sur l’ampleur du phénomène. Les rares estimations disponibles sont pourtant glaçantes : une victime sur 3 est mineure, la majorité ne porte jamais plainte, et entre 2 et 3 enfants par classe seraient concernés. « Ce que nous voyons dans la presse n’est qu’une infime partie de la réalité », a-t-elle dénoncé.
Le meurtre récent de la petite Lyhanna, 11 ans, en France, a été cité comme un signal d’alarme. « Ce drame doit pouvoir nous mobiliser pour que plus jamais ça ne se reproduise, pour briser le silence », a-t-elle- déclaré.
Depuis plus d’un an, la cheffe de groupe MR plaide pour une réponse politique à la hauteur de l’enjeu. Elle réclame un plan interfédéral contre les violences sexuelles faites aux enfants, articulé autour de 5 piliers :
- Mettre en place des outils statistiques fiables pour quantifier le phénomène en Belgique ;
- Renforcer les dispositifs de prévention et de détection précoce notamment en milieu scolaire ;
- Faciliter les procédures de signalement pour les victimes et les professionnels ;
- Garantir un suivi psychologique et judiciaire digne pour toutes les victimes ;
- Protéger les enfants ne consiste pas seulement à sanctionner les auteurs après coup. Cela exige le courage de prendre, en amont, les décisions nécessaires pour prévenir les violences et mettre les enfants en sécurité dès les premiers signaux d’alerte. Une politique de protection efficace repose d’abord sur la capacité à protéger pour empêcher l’irréparable.
« On ne répare jamais une enfance volée. Mais on peut décider aujourd’hui d’avoir un meilleur accompagnement, de soutenir les victimes et surtout de mettre les agresseurs derrière les barreaux », a-t-elle conclu.
Le groupe MR au Parlement bruxellois appelle l’ensemble des niveaux de pouvoir à se coordonner pour répondre à ce fléau. L’inceste et les violences intrafamiliales ne peuvent rester dans l’angle mort des politiques publiques.

