Des conférences perturbées. Des militants et des mandataires frappés. Des participants intimidés. Des policiers pris à partie. Des bâtiments publics vandalisés. Des vitrines brisées. Du mobilier urbain détruit.
Pour Angelina Chan, députée au Parlement bruxellois, ces faits constituent une évolution inquiétante de notre vie démocratique.
L’extrémisme de gauche a récemment été au centre d’un débat en commission des Affaires intérieures du Parlement bruxellois à la suite de la publication du dernier rapport de la Sûreté de l’État. Au-delà de la question de l’extrémisme de gauche lui-même, les échanges ont également porté sur la polarisation croissante de notre société et sur ses conséquences pour le débat démocratique.
« Une démocratie peut parfaitement accueillir des désaccords profonds. Mais lorsque l’intimidation remplace la confrontation des idées ou lorsque la violence politique commence à être relativisée en fonction de l’étiquette idéologique de ceux qui la pratiquent, la démocratie s’affaiblit », a-t-elle déclaré.
Ces derniers temps, plusieurs événements du MR ont été perturbés par des militants d’extrême gauche. Angelina Chan a évidemment rappelé les violences observées à Liège lors de la commémoration du trentième anniversaire du décès de Jean Gol. Les images de participants agressés et intimidés pour avoir pris part à un événement démocratique ont profondément choqué bien au-delà du seul MR.
Cette violence s’exprime aussi contre les institutions. En octobre 2025, l’Office des étrangers avait vu sa façade vandalisée, plusieurs de ses vitres détruites et ses murs recouverts de tags injurieux visant notamment des responsables politiques. Derrière les dégâts matériels, c’est l’autorité publique elle-même qui est visée.
Pour la députée libérale, le problème est que certaines formes de violence politique continuent à bénéficier d’une forme d’indulgence dans le débat public.
« L’étiquette idéologique ne peut jamais servir de circonstance atténuante lorsqu’il s’agit de violence politique. Lorsqu’un mouvement s’en prend aux institutions démocratiques, aux forces de l’ordre ou au débat public, la vigilance doit être la même, quelle que soit l’idéologie revendiquée », a-t-elle rappelé.
Cette question dépasse toutefois le seul cas de l’extrémisme de gauche. Pour Angelina Chan, c’est l’évolution de notre débat public qui est en jeu. Le rapport de la Sûreté de l’État souligne combien la polarisation nourrit les phénomènes de radicalisation. La députée s’inquiète de voir se développer un climat où les tensions s’exacerbent, où les positions se durcissent et où certains en viennent à considérer leurs adversaires politiques comme des ennemis à combattre plutôt que comme des contradicteurs à convaincre.
« Le débat démocratique doit rester plus fort que l’intimidation », a-t-elle conclu.

