Après 8 mois de travail intense et plus de 50 auditions, la commission spéciale Métro 3 du Parlement bruxellois, présidée par Anne-Charlotte d’Ursel, a adopté ce jeudi 9 juillet ses constats et 22 recommandations. Pour le MR, ce rapport marque un tournant : il dote enfin la Région de vrais outils de bonne gouvernance, de transparence et de maîtrise des grands projets, afin que l’argent des Bruxellois soit géré avec rigueur et que les erreurs du passé ne se répètent plus. Prochaine étape : l’approbation du rapport en séance plénière le 17 juillet.
Au-delà des aspects techniques, le groupe MR tient d’abord à souligner que ce rapport est d’abord le fruit d’une méthode de travail constructive : la commission spéciale Métro 3 a constitué une véritable bulle de calme au Parlement, où majorité et opposition ont pu travailler ensemble pour tirer des conclusions partagées. Sous la présidence d’Anne Charlotte d’Ursel, les auditions ont permis un réel apprentissage collectif et une autocritique des acteurs impliqués, qu’il s’agisse des administrations, des responsables politiques ou des prestataires, avec une exigence commune : que les erreurs du passé ne puissent plus se reproduire.
« L’objectif de la commission n’était pas de régler des comptes à propos du passé, mais de tirer toutes les leçons d’un dossier mal maitrisé, pour que cela ne puisse plus jamais arriver », souligne Anne-Charlotte d’Ursel. « Nous voulons une Région capable de mener des projets de mobilité structurants de grande envergure, mais avec un pilotage clair, des études indépendantes et des garde-fous budgétaires. C’est une exigence de responsabilité vis-à-vis des contribuables et des usagers. »
Le MR rappelle que le projet Métro 3 répond à un besoin réel et durable de mobilité dans le nord de Bruxelles. Pendant trop longtemps, Schaerbeek et Evere ont attendu un renforcement sérieux de l’offre de transport vers le centre-ville. Pour les libéraux, renoncer à cet axe structurant n’est pas une option. Mais le mener “quoi qu’il en coûte”, sans contrôle ni anticipation, n’est plus acceptable. C’est précisément ce que les recommandations entendent corriger.
Au cœur du rapport, une idée simple, portée de longue date par les libéraux : un seul pilote pour les grands projets. Le MR obtient la mise en place d’une structure de pilotage unique, logée dans une administration clairement identifiée, avec un directeur de projet responsable devant le Gouvernement et le Parlement. Finie, la dilution des responsabilités où tout le monde décide un peu et personne n’assume vraiment. Cette structure devra arbitrer, et rendre des comptes.
Autre levier central : une véritable « sonnette d’alarme » budgétaire. Tout risque technique ou financier devra être immédiatement signalé. « On ne peut plus découvrir des explosions de coûts après coup », insiste Clémentine Barzin. « La transparence doit devenir la règle, pas l’exception. »
Le rapport met également fin à une pratique trop fréquente : décider sur des études incomplètes ou orientées. Les libéraux obtiennent des garanties fortes en matière d’indépendance des études et de qualité des analyses. Les grandes décisions devront désormais reposer sur une comparaison sérieuse des scénarios, réalisée par des acteurs qui ne sont pas juges et parties entre l’étude d’opportunité et l’étude de faisabilité. Aucun chantier lourd ne pourra être lancé sans études géotechniques et patrimoniales approfondies, en particulier dans des zones sensibles comme le Palais du Midi ou la Gare du Nord.
Le MR s’est également battu pour que le rapport ne tourne pas le dos aux victimes du chantier : commerçants, riverains, associations. Les recommandations prévoient une meilleure prise en compte de l’impact économique et social, avec un guichet unique pour les acteurs locaux, des dispositifs d’indemnisation définis avant le début des travaux et un véritable plan de gestion des chantiers. « On ne peut pas demander aux habitants et aux commerçants de tout supporter sans leur parler, sans les accompagner, sans les indemniser », insiste la rapporteuse Amélie Pans. « Un grand projet public doit aussi respecter ceux qui vivent et travaillent sur le tracé. »
Avec ce rapport, le MR défend les besoins de mobilité des Bruxellois, mais refuse les dérives de gouvernance et les dérapages budgétaires. Rapporteuse de la commission, Amélie Pans insiste sur la portée du rapport : « Ce rapport met fin à une époque : celle des grands projets sans pilote, sans contrôle et sans limites. Chaque euro public doit être justifié, chaque risque anticipé, chaque décision assumée. Les Bruxellois ne paieront plus pour les erreurs d’un système mal organisé. »
« Métro 3 doit devenir un exemple de ce que Bruxelles peut faire de mieux, et plus jamais un symbole du laisser-aller. Cette commission a prouvé qu’on peut encore travailler ensemble au Parlement, avec méthode et sérieux. Ce que nous avons mis sur la table, ce ne sont pas des vœux pieux : ce sont des conclusions concrètes pour changer structurellement la façon dont Bruxelles gère ses grands projets. » conclut Olivier Willocx.
Anne-Charlotte d’Ursel (présidente), Clémentine Barzin, Amélie Pans (rapporteuse) et Olivier Willocx.

